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Dimension sport
Dimanche 6 Janvier 2013

À l'époque où la nudité appelait l'humilité


À l'heure où les scandales de tricherie se bornent à éclabousser régulièrement les chroniques sportives (avec, par exemple, les magouilles encore récentes d'un certain homme au ''bras puissant''), FI vous propose un petit voyage dans le temps, car un retour aux sources s'impose. Pour cela, il nous faut remonter nos pendules de quelques millénaires. Nous voilà atterrissant en Grèce antique, berceau originel du sport tel que nous le connaissons. Tel que nous le connaissons ? Par la forme, peut-être, mais pas par le contenu, qui, quant à lui, différait grandement. Les dieux antiques n'avaient pas pour nom Ferrari, Rolex ou Ray-Ban, mais bien Zeus, Apollon, Héraclès ou encore Poséidon, et c'est à ceux-ci que l'ont rendait hommage, au nom de la religion. Ainsi, voici un petit rappel de l'esprit du sport à son origine, et également une petite leçon d'humilité pour ceux qui sacrifient leur âme au dieu Dollar.


La genèse de l'acte sportif

canalblog.com
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On relève les premières traces d'activité physique chez l'être humain à la préhistoire, lorsque celui-ci se devait de chasser pour se nourrir. Bien évidemment, la notion de compétition lui était alors étrangère ; l'homme luttait simplement pour sa survie.

Avec le temps, l'intellect performant caractérisant l'être humain améliora les techniques de chasse, et, rapidement, l'homme ne dut plus investir autant de temps et d'énergie pour subvenir à ses besoins. Néanmoins, le goût de l'effort lui resta : il se mit à courir pour la simple action de courir, et commença à rivaliser avec ses pairs, mesurant avec eux sa force et son habileté. On peut ainsi dire que c'est dès l'instant où la notion de jeu apparut au sein d'activités physiques, normalement nécessaires à la survie, que naquit le sport.

La première compétition sportive ''officielle'', quant à elle, vit le jour en Grèce antique, avec l'organisation, en l'an 776 avant J.-C., d'une course dans le stade d'Olympie. Cet évènement, recensé avec une étonnante précision, est considéré comme la première trace indéniable de compétition sportive dans l'histoire de l'humanité.

Par la suite, le sport se développa dans un climat favorable, soutenu par l'intérêt populaire immédiat, pour donner petit à petit naissance aux nombreuses disciplines que nous connaissons aujourd'hui.

Reconstitution de la statue de Zeus présente dans son temple d'Olympie (maquetland.com)
Reconstitution de la statue de Zeus présente dans son temple d'Olympie (maquetland.com)

Le sacré entourant Olympie et ses jeux

Après la réussite de la compétition de -776, les Grecs se décidèrent à organiser, tous les quatre ans, de gigantesques jeux (d'où nos Jeux Olympiques, précision futile s'il en est). Ceux-ci devaient avoir lieu sur le sanctuaire d'Olympie, territoire sacré relevant de prêtres.

Ces jeux, alors déjà colossaux par leur taille, présentaient un caractère symbolique très important. Tout d'abord, ils étaient censés fortifier l'unité nationale : c'est pourquoi tous les citoyens grecs, provenant ou non de cités colonisées, pouvaient y participer. Ensuite, la période olympique était une période de trêve guerrière : aucun conflit armé n'était toléré dans l'ensemble de la Grèce antique, et un cessez-le-feu faisait foi pour toute la durée des compétitions. Finalement, et c'était là le trait le plus important, les jeux avaient un caractère honorifique, puisqu'ils étaient réalisés en hommage au dieu des dieux, à savoir notre cher Zeus.

Ceci explique la présence sur le site d'Olympie d'une immense statue de Zeus, recensée comme une des sept merveilles du monde. La cérémonie d'ouverture des jeux ne se déroulait qu'à ses pieds : tout d'abord, on y faisait une riche offrande qu'on sacrifiait en hommage au dieu, puis, les uns après les autres, tous les athlètes venaient s'agenouiller devant lui et portaient le serment qu'ils lutteraient intégrement et loyalement durant toute la durée de la compétition.

Ainsi, on voit ici l'esprit originel du sport, traduit par l'influence du sacré sur l'athlète, qui mettait ses intérêts personnels de côté, pour se consacrer entièrement à la compétition pure et servir un but honorifique ; quelle humilité de la part de ces sportifs qui couraient nus pour plus d'égalité !

Et de nos jours ?

Il semblerait que cette véritable idéologie olympique diffère quelque peu de ce que nous pouvons observer aujourd'hui.

Il est tout à fait plausible que la religion ne soit plus au centre des préoccupations sportives : cela découle de l'air du temps. Par contre, l'appât du gain, qu'il soit d'un ordre glorificateur ou pécunier, a apparement eut raison de la pensée originelle du sport se voulant altruiste : de nos jours, beaucoup (trop ?) de sportifs concourent pour eux-mêmes avant tout, et oublient par là qu'ils sont aussi des exemples pour toute une génération. Ceci devrait pourtant leur dicter une attitude bien moins égoïste. Mais ce sont les scandales de tricherie, désormais révélés avec récurence dans nos journaux, qui prouvent bien que nombre d'athlètes contemporains font passer leurs intérêts personnels devant ceux de leurs entraîneurs, de leur staff, des arbitres, et bien évidemment de leurs admirateurs, tant de personnes à qui ils doivent presque tout. Avoir une attitude respectueuse des autres est la moindre des choses pour toute personne voulant éviter l'égoïsme dévoilé.

Nous l'avons vu, les Grecs concouraient nus, dans un souci d'égalité. Là aussi, on constate avec amertume la situation actuelle. En effet, des sommes astronomiques s'échangent entre grandes marques et agents, afin de décider quelle tenue un champion va revêtir. Les sportifs seraient donc des présentoirs avant d'être des athlètes ? Cela remet à nouveau en question la place de l'athlète et son rôle. En devenant un objet de publicité, il perd une part de son identité. Pour ses admirateurs, en quête désespérée d'une figure à laquelle se raccrocher, il ne fera que pâle figure, donnant l'image d'un corps sans âme. Ainsi, on voit toute l'intelligence de l'alternative nudiste proposée par les Grecs : plutôt que d'afficher l'appartenance d'un sportif à tel ou telle entité extérieure à la compétition, elle met à nu l'âme du sportif, révèlant sa personne profonde ; par conséquent, on ne l'estime pas pour ce qu'il porte, mais bien pour ce qu'il accomplit.

L'esprit sportif originel semble avoir bien perdu de l'importance, pliant sous les coups de butoir de l'omniprésence de l'arrogance et de l'égoïsme actuels.


Courrierinternational.com
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L'importance de la manière

Nous n'irons pas jusqu'à dire que l'esprit sportif sain est mort ; il existe encore, fort heureusement, de nombreux sportifs modestes, conscient de la responsabilité que le statut de sportif leur impose, à savoir d'être un modèle pour de nombreuses générations. Ces sportifs-là ne sont juste qu'éclipsés par une volonté médiatique de mettre en avant le scandaleux plutôt que le juste.

Aussi, c'est à nous, sportifs de tous les jours, vivant dans cette époque de fou, cette époque où le sport est à chaque coin de rue, est à l'école, est dans nombre de nos activités, où le sport suscite un engouement jamais vu, démesuré, oui, c'est à nous, de lui rendre son caractère noble. Cela passe bien évidemment par une remise en question de notre attitude : nous devons apprendre à tendre la main à l'adversaire plutôt que de le repousser ; à nous mesurer à lui, certes, mais à ne pas le considérer comme un adversaire, mais bien comme un concurrent. Nous devons apprendre à valoriser non pas la victoire, mais plutôt l'effort accompli, tant celui du perdant que celui du gagnant ; nous nous devons également d'avoir une pensée altruiste, et de toujours avoir en tête que quoi que l'on fasse, on est l'exemple de quelqu'un d'autre. Tout ceci implique bien évidemment de remettre profondément en cause notre manière de faire. Et oui, car c'est cette manière de faire qui change tout : car même si le monde sportif actuel veut nous faire croire le contraire, un vainqueur malhonnête et égoïste a bien moins de valeur qu'un perdant intègre et charitable. La fin en soi de l'acte sportif n'est pas d'obtenir la victoire, mais bien d'obtenir du respect, et dans le cas présent, c'est au perdant que l'on octroie notre respect.

Ainsi, pour reprendre une devise chère au sport comme conclusion, tout en faisant un clin d'oeil un monde antique, nous terminerons sur cette phrase : "Citius, altius, fortius : oui, mais avec la manière !"


     

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