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Joyeux anniversaire
Mardi 15 Janvier 2013

Bon anniversaire, Marius Trésor !


Certes, on pourrait se dire, qu'au moment où Lionel Messi vient tout juste de recevoir son quatrième ballon d'or consécutif et de ce fait historico-légendaire, ce serait lui faire offense que de parler d'un autre joueur, qui plus est à la retraite depuis belle lurette ! Certes. Cependant, étant donné que "FI" prône un football "humain", quoi de plus humain et peut-être aussi un peu "gnangnan", que de souhaiter joyeux anniversaire à ces gloires d'antan, qui, il est plus qu'important de le rappeler, ont permis le football que l'on connait actuellement. Trêves d'explications ! On a un anniversaire à célébrer en ce 15 janvier 2013, et, vous l'aurez compris dans l'intitulé, l'heureux du jour n'est autre que Marius Trésor.


Marius, illustre défenseur des Bleus dans les années 70 et 80 (football-story.com)
Marius, illustre défenseur des Bleus dans les années 70 et 80 (football-story.com)
Lorsque Marius vit le jour pour la première fois le 15 janvier 1950, sa mère était sûrement loin d'imaginer que son "bébé" deviendrait l'un des joueurs de football les plus illustres que la France ait jamais connu. Car, avec une naissance loin de la métropole à Saint-Anne (Guadeloupe), les facilités de venir s'implanter dans l'hexagone en tant que footballeur professionnel ne s'offraient pas autant qu'aujourd'hui. De plus, il fallait faire preuve d'un grand courage pour oser quitter sa paisible île natale pour se lancer dans le "grand bain" du ballon rond pratiqué à haut niveau, ses affres promettait en effet davantage de se bruler les ailes que de les faire briller! Grandissant au près de parents séparés, le Guadeloupéen se passionne dans un premier temps pour le cyclisme, qui à l'époque s'illumine de la rivalité entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor. Il a beaucoup d'admiration pour le Normand Anquetil, sans jamais se risquer à tenter de l'imiter au plus haut niveau, trop dangereux juge-t-il. Heureusement d'ailleurs, Marius était un Trésor trop précieux pour se contenter de n'utiliser ses pieds qu'à pédaler! 

Avant de se révéler comme le "Seigneur de la Juventus Saint-Anne", le jeune homme peine à trouver de la motivation dans sa scolarité, il n'aime pas ça (à l'image de beaucoup de jeunes footballeurs aujourd'hui?) et se prédestine plutôt à un métier d'électricien. Il n'en sera rien, et bien que n'étant pas considéré comme l'un des meilleurs au goût des supporters parce que développant un jeu trop sobre selon ses propres propos, Marius Trésor fera tellement parler de lui sur l'île en remportant le championnat régional avec Saint-Anne, que sa réputation fera écho jusqu'en France métropolitaine. Plus précisément sur une autre île, celle dite de "beauté" , la Corse où il effectuera ses débuts professionnels sous le maillot de l'AC Ajaccio le 23 novembre 1969, à tout juste dix-neuf ans face à Valenciennes. Attaquant de formation, son entraîneur de l'époque le replacera très vite au centre de la défense, décidant ainsi d'exploiter malicieusement le gabarit imposant du jeune Français. Sous le soleil corse, son âge ne fait pas le moins du monde de l'ombre à son talent. Au contraire, il fait d'autant plus rayonner cette impression de maturité que dégage Marius. Au point même d'être sélectionné pour la première fois en équipe nationale à seulement vingt ans, ajustant ses premières foulées au poste d'arrière gauche contre la Bulgarie le 4 décembre 1971 pour une victoire 2 à 1 en faveur des Tricolores à Sofia. 

Les années phocéennes

Marius Trésor (debout à l'extrême droite les bras croisés) à l'image de ses débuts houleux avec l'OM (asnl.net )
Marius Trésor (debout à l'extrême droite les bras croisés) à l'image de ses débuts houleux avec l'OM (asnl.net )
Bientôt, la Corse devenant trop petite pour l'envergure qui le caractérisait, l'Olympique de Marseille commence à lui faire les yeux doux et finit par le pêcher à la fin de sa troisième saison disputée sous les couleurs d'Ajaccio. Le 21 octobre 1972, Marius Trésor enfile pour la première fois la tunique olympienne en match officielle contre une équipe qui n'est autre que l'AC Ajaccio. Entre-temps, le Guadeloupéen a eu le temps de faire ses classes au poste de libéro. Seulement, Bernard Bosquier, qui en plus d'être le titulaire du poste en équipe nationale, l'est aussi du côté de la Cannebière. Trésor est poussé soit à occuper le poste de stoppeur, soit celui d'arrière latéral. En équipe de France, passe encore, mais Marius n'a pas signer à Marseille pour jouer les pompiers de service. Il contraint à son tour ses dirigeants à un choix cette fois-ci plus drastique: s'il n'est pas libéro à l'OM, il sera le libéro d'un autre club. Il faut dire que les prétendants ne manquaient pas à l'époque! Les dirigeants phocéens plient finalement et laisseront le rôle de pompier à Bosquier. Pour la petite histoire, Bernard Bosquier tiendra longtemps rancune à Marius Trésor, sans pour autant que cela empiète sur le terrain, bien évidemment! 

Il devint très rapidement capitaine de l'Olympique de Marseille durant la saison 1973-1974, pour ne le céder qu'à son départ du vestiaire olympien pour les Girondins de Bordeaux en 1980. A seulement vingt-cinq ans, on le consacra capitaine de la formation tricolore, qu'il guida jusqu'à la Coupe du Monde 1978 en Argentine, malheureusement éliminée au premier tour avec néanmoins le futur vainqueur argentin et le futur quatrième italien dans son groupe. Marius Trésor cédait ensuite le brassard à Michel Platini pendant près de deux années pour cause de blessures, qui l'éloignèrent des terrains pendant pratiquement deux saisons. En ce qui concerne son parcours en club, Marius Trésor ne peut guère se languir devant un palmarès triomphant. Pour sa défense, la guerre d'influences qui a ravagé le club durant la seconde moitié de la décennie a considérablement obstrué les ambitions marseillaises, si bien que l'OM n'a "que" pu obtenir la Coupe de France sous son capitanat en 1976. Après huits ans de fidèles et loyaux services ponctués par une pige d'entraineur lors de la saison 1979-1980, le "Seigneur de la Juventus Saint-Anne" quittait "la mort dans l'âme" (pour citer Michel Michard) la Cannebière pour un horizon girondin plus salutaire. 

"La Gloire de Marius"

Il signe en 1980 un contrat au rendement (une nouveauté en France à l'époque) avec Bordeaux, qui ferait sourire tous les joueurs professionnels d'aujourd'hui et serait sûrement jugé comme archaïque par l'univers footballistique actuel. Alors qu'en somme, il semble en apparence nourrit par un principe juste, si l'on considère le joueur de football davantage comme un artiste payé au spectacle que comme un "trader" qui percevrait des primes en plus d'un salaire déjà stratosphérique. Mais ce n'est pas le propos,  revenons plutôt à "La Gloire de Marius". Celle-ci atteindra son apogée au terme de la saison 1983-1984, quand le désormais trentenaire guadeloupéen ira glaner son tout premier championnat de France après ses multiples échecs avec l'OM et dont le dernier en date avec Bordeaux, ne remonte qu'à son antépénultième championnat avec les Girondins, où il aura était sacré auprès de ses coéquipiers vice-champion de France. A 34 ans, pour son ultime saison, Marius n'aura joué qu'un tiers des matchs, contribuant cependant grandement à l'essor du club durant ces quatre années passées en Gironde. 

"La Gloire de Marius" s'est en réalité essentiellement bâtie en sélection nationale, pour preuve son incroyable déviation de la tête (voir vidéo ci-dessus) lors de la mythique confrontation entre le Brésil et la France au "Maracana" le 30 juin 1977 durant la tournée sud-américaine des Bleus. Très vite menés au score, les Français parvenaient à revenir dans la partie grâce à un exploit de Didier Six en seconde mi-temps. A la 85ème minute, personne et surtout pas les cent milles Brésiliens redoublant d'encouragements pour la Seleçao, ne se doutaient de ce qui résulterait du corner concédé par les Auriverde. Thierry Roland lançait à l'époque sur le ton de la rigolade dans son commentaire précédant le "coup de pied de coin": "Ce serait amusant si les Français égalisaient!". Prémonitoire peut-être, Rouyer frappe le corner sur la tête du légendaire numéro 8 monté en attaque, qui n'est autre que Marius Trésor! Responsable par son laxisme du premier but brésilien, Marius se rachète alors en offrant une égalisation improbable à son équipe dans un stade habitué à assister à une leçon octroyer par le Brésil à ses visiteurs. L'histoire sera d'autant plus belle dans la mesure où les Français sortiront sous les acclamations du public local qui scandera: "Francia, Francia, Francia".

Un autre fait marquant de sa carrière se déroula lors de la demi-finale de Coupe du Monde entre la RFA et la France en 1982. Les deux équipes furent à égalité à la fin du temps réglementaire, elles disputèrent donc une prolongation. A l'entame de celle-ci, Marius Trésor vint placer une reprise de volée magistrale à l'entrée de la surface ouest-allemande, s'en suit un nouveau but d'Alain Giresse à la 98ème minute. Finalement, les Allemands l'emportaient aux tirs au but sous le signe de l'injustice dans la mesure où le gardien (Harald Schumacher) aurait avoué quelques années plus tard prendre de la cocaïne durant cette compétition, justifiant peut-être ainsi le véritable attentat infligé à l'encontre de Battiston (France) durant la première mi-temps par le portier ouest-allemand. Pour l'anecdote, Harald Schumacher s'en sorti sans le moindre avertissement. La France terminait du coup quatrième de cette compétition, perdant à bout de souffle son match de classement contre la Pologne. 

Les mots de l'homme

Marius Trésor, aujourd'hui consultant pour la chaine du club bordelais (alvinet.com)
Marius Trésor, aujourd'hui consultant pour la chaine du club bordelais (alvinet.com)
Marius Trésor et la Guadeloupe: "Là-bas, on aime les joueurs qui en font beaucoup. Je n'ai jamais obtenu l'unanimité avant de quitter le pays. Je n'étais pas considéré comme un des meilleurs, en raison de trop de sobriété."

Trésor et son départ pour Ajaccio: "J'avais le coeur un peu serré, mais il le fallait. Et puis j'avais en poche le billet de retour qui calmait ma mère. Je pensais surtout au moment où l'on reviendrait me chercher ici même, dans un ou deux mois, quand Ajaccio m'aurait remercié. Pas fait pour le football français. J'allais me faire foutre de moi."

Trésor et l'OM: "A mon avis, ce n'est pas au club à essayer d'aller contre le tempérament de son public. Sinon nous courons à la catastrophe. Il y'a un équilibre à trouver dans la façon de préparer l'avenir, mais il faut absolument apporter aux gens ce qu'ils réclament en premier lieu: des grands joueurs ou des joueurs connus. A Marseille, on arrive vedette, on ne le devient pas." 

Trésor et le racisme à travers les J.O de Montréal 1976: "Je ne pense pas qu'interdire à la Nouvelle-Zélande de participer aux Jeux Olympiques aurait fait évoluer le sort de la communauté noire en Afrique du Sud. Le retrait africain n'a pas valorisé la cause africaine... Au fond de moi, le final des jeux avec la victoire du 4 fois 100 mètres américain m'a fait quelque chose. C'était un relais exclusivement noir. Il s'est montré digne dans la victoire. Cela avait de l'allure. Si j'étais Américain, je participerai au mouvement de libération des noirs." 

Trésor et le capitanat: "Je ne suis pas un capitaine qui hurle . D'ailleurs, sur le terrain, on n'entend rien. Même si tel était le cas, les matches suivent souvent un cours irréversible, qu'un seul conseil, même judicieux ne pourra pas modifier. Sinon nous les gagnerions tous. Je m'attache surtout dès le coup d'envoi à placer les défenseurs et les joueurs de milieu de terrain. Je ne fais pas de discours. Confier par avance le brassard au meilleur ou au plus vieux, c'est souvent mettre à côté de la plaque."

Trésor et l'argent: "Ce que nous gagnons nous regarde. C'est à chacun à défendre ses intérêts. A partir de là, silence total. Je ne suis pas un cas unique. Dans le métier, une gêne s'établit dès qu'il est question de ces problèmes. Parler d'argent, faire le constat de nos différences de statuts serait un facteur de division pour l'équipe."

Trésor et les transferts: "Le joueur peut accepter d'être transféré, mais il a aussi le droit de refuser. Que risque-t-il alors? De ne plus être inclus dans l'équipe, en guise de sanction, ce qui signifie baisse de sa valeur marchande et très grosse difficulté à retrouver un contrat quand il sera libre. C'est une forme de pression à laquelle il est difficile de résister. Il en existe une autre que le joueur secrète lui-même. La simple annonce de ce qu'une possibilité de partir lui est offerte signifie dans son esprit, même si on y met la forme, qu'on peut se passer de ses services. Par amour-propre, le joueur part, incapable de résister." 

Le franc-parler de Trésor: "J'ai pas marqué beaucoup de buts durant ma carrière en Bleu (4). Mais j'en ai deux qui restent gravés à jamais dans ma mémoire. Celui du Maracana contre le Brésil pendant notre tournée Amsud 1977. J'égalise à 5 minutes de la fin alors qu'on était mené 2-0 (réduction du score par Six). Et ma reprise de volée de la mort contre l'Allemagne, à Séville, dans un match à chialer. Une fusée dans une division de panzers ! A la fin on perd la guerre malgré une résistance héroïque, et on laisse toute une génération de quadras orphelins d'une coupe du Monde. J'en pleure encore tiens. Sinon j'ai fait un disque tout pourri aussi: "Sacré Marius". Pour le coup c'est vraiment la zone là..."

Eh bien plutôt que de souhaiter banalement un "joyeux anniversaire" au Guadeloupéen, "FI" a décidé de ponctuer son hommage à cette légende qu'est Marius Trésor, en lui rappelant peut-être un plus mauvais souvenir ! Mais, comme on sait que Marius a de l'humour... Joyeux Anniversaire ! 

Les propos de Marius Trésor (Les mots de l'homme) proviennent du livre de Michel Michard "Les Géants de la Coupe du Monde" aux éditions PAC ainsi que du site: http://thevintagefootballclub.blogspot.ch/2010/11/identite-nationale-la-fiche-edf-de_29.html

Franck Guggisberg-Boukerdous

     

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