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Vendredi 31 Octobre 2014

"Être ici en Suisse me permet d'être en phase avec moi-même".


Arrivé libre de tout contrat aux Young Boys de Berne à la fin du mois d’août, l’ancien parisien Guillaume Hoarau creuse lentement, mais sûrement, son sillon chez les jaunes et noirs. Auteur de 4 buts et 2 passes décisives en 9 apparitions (dont trois buts en trois matchs d’Europa League), le Réunionnais a vu son contrat de quatre mois prolongé jusqu’en juin 2015. Prêt à se relancer en Suisse, c’est un Guillaume Hoarau souriant, calme et ouvert qui a répondu à nos questions au Stade de Suisse, son nouveau jardin.


Depuis qu'il est à Berne, Guillaume Hoarau retrouve le plaisir de jouer au football, et ça se voit ! www.football365.fr
Depuis qu'il est à Berne, Guillaume Hoarau retrouve le plaisir de jouer au football, et ça se voit ! www.football365.fr

Presque deux mois après votre arrivée aux Young Boys, comment vous sentez-vous physiquement et mentalement ? 


Je me sens bien. J’ai bien bossé depuis mon arrivée. On m’a mis dans de bonnes conditions et on a prit le temps de faire les choses bien. Donc aujourd’hui, je me sens bien. Je me sens bien dans la tête surtout, c’est ce qui est le plus important. Maintenant, il faut que cela continue.

 
 

Vous êtes donc prêts à enchaîner les matchs comme titulaire ?

 

Mon travail, c’est d’être prêt pour jouer tous les matchs, après, c’est le coach qui décide. Moi maintenant, après un mois ici, et depuis mon premier match comme titulaire contre Prague en Europa League, j’ai commencé à bien me sentir. On est dans la continuité et il faut enchaîner les matchs. Je suis prêt et à la disposition de l’équipe et du coach. 

 

 

Je sais que vous aimez bien être dans votre cocon, à la maison, alors depuis votre arrivée à Berne, avez-vous trouvé un logement ? 

 

J’ai trouvé une maison oui, dans les environs de Berne. Cela a été assez rapide et le club m’a aidé aussi dans mes recherches. À partir du moment où j’ai trouvé, le club a su être réactif. Pour moi, cela n’est que positif car je suis quelqu’un de casanier et j’ai besoin d’avoir mon environnement. D’ailleurs, mon cousin, qui m’avait suivi en Chine, est aussi venu avec moi à Berne. C’est un peu mon « compagnon de route ». On est assez fusionnel dans le sens où on a besoin l’un de l’autre et en même temps, on sait se laisser de l’espace. C’est aussi mon professeur de musique et un très bon cuisinier ! 

 

 

Le fait que vous soyez revenu en Europe, près de la France, va vous permettre de voir votre fils plus souvent qu’en Chine ? (ndla : son fils habite près de Bordeaux)

 

Mon fils est là actuellement, car c’est les vacances scolaires en France. On a visité un petit peu les environs et je l’ai emmené voir les ours de Berne, la « base » pour tous les nouveaux arrivants ici. En tout cas, il trouve la Suisse jolie ! 

"Je ne peux pas dire que j'ai fait "le" meilleur choix, parce que j'étais lucide, c'était le choix le plus crédible à faire, car c'était le contrat qui était sur la table à ce moment-là"

 

Pouvez-vous nous dire comment les contacts se sont faits avec les Young Boys cet été ? J’ai entendu ici ou là que le FC Bâle était aussi sur les rangs pour vous recruter ?
 

Mon agent m’avait appelé une première fois pour me dire que j’étais éventuellement sur une short-list d’attaquants du côté du FC Bâle (dans l’éventualité d’un départ de Streller vers l’Angleterre). Je ne sais pas si c’était vrai ou pas, mais c’est à ce moment-là où les contacts avec la Suisse ont commencé. Après, j’ai entendu que les Young Boys étaient intéressés. Ma priorité était de trouver un challenge intéressant dans lequel je pouvais m’éclater, mais je ne pensais pas du tout me retrouver en Suisse et maintenant que c’est le cas, je ne regrette pas. 

 

 

Aviez-vous des touches en L1 ou ailleurs durant le mercato ? 

 

Etant donné que j’étais libre et en fin de contrat, je pouvais signer après la fin du mercato dans n’importe quel club en tant que joker, donc je n’avais pas de date butoir. Après, entre les offres concrètes qui étaient sur la table et les intérêts des clubs, il y a une différence. Les intérêts de clubs, j’en avais pas mal, mais les Young Boys ont été rapides dans le sens où ils m’ont fait une proposition écrite concrète. Après, c’était à moi de savoir si je voulais tenter le coup ou pas. Je suis venu visiter les installations et j’ai senti du positif dans l’atmosphère. J’ai fait le choix de la sérénité et pour l’instant, je croise les doigts, mais tout se passe bien. 

 

 

Comment avez-vous géré le fait de signer un contrat de seulement quatre mois jusqu’à la trêve hivernale ? 

 

Dans ce genre de contrat, ce qui me fait le plus peur, c’est la blessure. Quand tu signes quatre mois et que tu te blesses, tu es un peu embêté, mais j’ai fait ce pari car j’estime que cela fait partie de la vie d’un homme de faire des choix et de prendre des risques. J’évite de cogiter, de vivre sur des spéculations, sur des « si », je prends le train en route et je vois où cela me mène. Le foot fait partie de ma vie, mais j’arrive aussi à me sortir de cette bulle là, donc le plus important c’est que je puisse m’exprimer sur le terrain et faire ce que j’aime. Que le contrat dure quatre mois ou quatre, cinq ans, rien n’est jamais acquis et tout va tellement vite… Qui peut dire aujourd'hui qu’il va faire sa carrière dans un seul club ? Des Ryan Giggs, il y en a de moins en moins. Les contrats sont éphémères dans le foot, ça veut tout dire et rien dire. Il faut être bon quand c’est ton heure, point. Aujourd’hui, je tourne une nouvelle page et être ici en Suisse me permet d’être en phase avec moi-même. Sur le plan professionnel, je suis venu me relancer ici et tout peut se passer maintenant. Si le club fait une super deuxième partie de saison et qu’on se qualifie pour la Ligue des Champions, pourquoi partirais-je ? Après, si mes performances individuelles sont bonnes et que j’ai des touches en fin de saison, on verra aussi. Tout est possible. En tout cas, j’ai trouvé l’endroit où je peux m’exprimer. Ici, on joue l’Europa League, le haut du classement en championnat, on a une équipe offensive et pour un attaquant, c’est top. Pour l’instant, je n’ai aucun regret. Je sais que quand je suis arrivé en Suisse, en France, on a tiré dans tous les sens, mais ça, c’est le coté négatif de la France. Bien sûr, je ne savais pas où j’allais en arrivant ici et je ne vais pas dire que la Suisse était « le » championnat où je voulais jouer. On sait très bien que la Ligue 1 est devant la Super League, mais aujourd’hui, à part Paris, Monaco, Marseille, ou Lyon, les Young Boys n’ont rien à envier aux autres équipes. Je ne pense pas m’être trompé en étant venu ici. Je ne peux pas dire que j’ai fait « le » meilleur choix, parce que j’étais lucide, c’était le choix le plus crédible à faire, car c’était le contrat qui était sur la table à ce moment-là. Tant mieux pour moi si ça se passe bien parce que si c’était l’inverse, si je m’étais retrouvé dans une situation compliquée où j’avais du mal à retrouver mon physique et la confiance devant le but, je pense qu’on m’aurait enterré et il aurait fallu changer de métier ! Maintenant, ce n’est pas le cas et il y a tout ce qu’il faut pour bien jouer au foot et s’éclater sur le terrain. On se plaint facilement et quand c’est bien, j’aime bien dire que tout va bien. Pour l’instant, ici c’est le top. 
 
"Demain, quand je rentrerai en France, il n'y aura que des choses positives de la Suisse qui me sortiront de la bouche"


Quel est votre jugement sur le niveau du championnat suisse justement ? 

 

Ce n’est pas quelque chose qu’on arrive facilement à déceler. Même en Chine par exemple. On dit que le championnat chinois est nul, mais non, il n’est pas nul. Le foot est un sport collectif donc tu peux être Messi au milieu de dix mecs qui n’avancent pas, tu gagneras pas un match. Je ne peux pas dire que j’ai été agréablement surpris par le championnat suisse, parce qu’à aucun moment je ne les ai sous estimé, mais c’est vrai que les matchs ne sont pas faciles ici. La preuve tout récemment puisqu’on s’est fait sortir par des amateurs en coupe nationale. Je pense que la Suisse est en train de rattraper son retard sur les grands nations européennes. A force de travailler comme ils le font, les Suisses vont grandir. Et si des joueurs comme moi, ayant évolués dans les championnats plus importants, peuvent apporter leur expérience ici, le niveau de jeu ne cessera d’augmenter. Par exemple, j’aime bien parler avec Nuzzolo qui est fan du PSG et lui raconter quelques petites anecdotes sur mon passage à Paris, c’est toujours très marrant. Je pense aussi que si les joueurs suisses ont l'opportunité d'aller jouer en France, ils iront volontiers. La Suisse est un championnat très regardé par les clubs allemands et anglais, alors qu’en France, l’intérêt est moindre pour ce championnat, et vice versa. Parler des choses qu’on connaît pas, aujourd’hui je peux dire que ça sert à rien. Moi, je continue mon petit bonhomme de chemin à travers le monde et je peux avoir un point de vue sur pas mal de choses. Demain, quand je rentrerai en France, il n’y aura que des choses positives de la Suisse qui me sortiront de la bouche, alors qu’en France, on les taquine un petit peu les Suisses (rires) ! Dans chaque pays, il y a des avantages et des inconvénients, et les avantages de la Suisse, ils me plaisent.

 

Au niveau de votre intégration dans le groupe bernois, j’ai lu que vous vouliez vous mettre à l’allemand pour communiquer avec tout le monde, où en êtes-vous ?

 

J’ai commencé les cours oui. Je fais une heure, une heure et demi par semaine. J’en suis au tout début. C’est pas assez, mais le problème, avec tous les matchs, c’est qu’il me reste peu de temps pour le faire. Je pense qu’il faudra rester ici plus d’un an pour pouvoir vraiment parler l’allemand. Mais quand tu vois ici qu’en grandissant dans un seul pays, tu peux apprendre quatre langues, je pense qu’on est pas nombreux à pouvoir dire ça en France. C’est un truc qui m’impressionne ici quand les mecs parlent italien, français, allemand et anglais, alors qu’en France, quand on nous demande de parler rien qu’en anglais, c’est limite si la réponse n’est pas « laisse nous tranquille » ! Sinon, je pense avoir trouvé ma place dans le groupe, car je ne suis pas quelqu’un qui dérange. Les mecs savent qu’avec moi, on peut rigoler mais aussi parler sérieusement. J’essaie d’être un partenaire cool, que ce soit avec les jeunes ou les plus anciens du club. 

"Quand je suis parti en Chine, il y a eu le côté financier, bien sûr, mais la vraie richesse là-bas, ça a été sur le plan humain"




Revenons un peu sur votre découverte de la Chine. Quand vous débarquez là-bas, quels ont été vos sentiments et vos impressions ? 

 

Quand tu arrives là-bas en venant de Paris, où certaines personnes t’idolâtraient un peu parce que tu jouais au PSG, que tu te retrouves parmi des millions de Chinois au milieu de nulle part, et que tu ne parles pas la langue, tu te dis que ça, c’est de l’aventure ! Ce qui a été bien, c’est qu’on a réussi à former avec mon cousin et les expatriés français un petit groupe dans lequel on s’entraidait. Mon cousin s’était mis au Chinois et on commençait à trouver notre rythme de vie là-bas. Un Français qui tenait un restaurant nous avait même laissé installer nos instruments de musique et deux ou trois fois par semaine, nous allions y jouer le soir. C’était vraiment « à la cool » et on prenait beaucoup de recul pendant le séjour. Shanghaï aussi, est une ville extraordinaire ! La nuit à Shanghaï, c’est complètement fou ! Et être assis là, au milieu de gens qu’on ne connait pas, on s’est dit avec mon cousin : « deux petits réunionnais qui se retrouvent là, la route a été longue jusqu’ici…». Et puis l’anglais aussi, où on a beaucoup progressé. Quand je suis parti en Chine, il y a eu le coté financier bien sûr, mais la vraie richesse là-bas, ça a été sur le plan humain. Les gens que j’ai rencontré, les langues que tu apprends, et les choses que tu vois aussi. J’ai pu visité la Grande Muraille de Chine, chose que, peut-être, je n’aurais jamais pu faire si je n’étais pas parti. Aujourd’hui, je peux dire que si je vais en Chine, j’ai des amis là-bas, et j’y retournerai bien, en vacances ou même pour jouer au foot, ce n’est pas un problème. Comme j’ai dit, dans la vie, on ne sait pas ce qu’il peut se passer.

 


Dans le rapport avec les locaux, comment cela se passait au quotidien ?

 

Je pense que ça se lit sur notre visage, on est toujours souriants et on cherche toujours la « connerie » à faire. Dans la ville où on était, je pense avoir été respectueux et apprécié des gens. Après, se mêler aux Chinois au quotidien, ce n’est pas évident et tout ce qu’on dit sur les Chinois n’est pas forcément que légende. Il faut aller sur place et voir cela de ses propres yeux… C’était formidable et j’ai pris huit mois de ma vie, et pas de ma carrière professionnelle comme les gens résument cela, à tenter une aventure inédite et personne ne pourra me l’enlever. 

 


En étant en Chine, pensiez-vous établir une sorte de passerelle avec La Réunion par exemple ?

 

Moi vraiment, je me suis dis je vais signer trois ans là-bas, je vais essayer de « casser la baraque » sur le plan sportif pour vraiment faire parler de moi, quitte à être la star du championnat. Je parle « cru », mais c’est comme ça. Je voulais essayer de m’intégrer rapidement et de rencontrer des personnes importantes pour créer une passerelle entre La Réunion, la Chine, et l’Europe pourquoi pas. À La Réunion, je sais très bien qu’il y a des jeunes joueurs extraordinaires mais malheureusement, la distance, le manque de moyens et le suivi professionnel font qu’à un moment, on atteint des limites. Après, tout est tombé à l’eau, c’est dommage. Mais il y a des choses à faire partout.
 
"Mon rêve serait qu'un jour, une personne lambda fredonne l'une de mes chansons"


Et niveau musique, votre grande passion qui vous suit depuis La Réunion, en passant par la Chine et Paris, où en êtes-vous ?

 

Je ne peux pas imaginer une vie sans musique. Je pense que n’importe quel être humain fredonne toujours au moins un air de musique dans sa journée. Mon rêve serait qu’un jour, une personne lambda fredonne l’une de mes chansons. J’ai baigné dedans depuis tout petit, je fais de la batterie, et j’ai aussi appris la guitare et le piano, tout ça par moi-même. J’ai un niveau de « musicien du dimanche », mais cela me suffit largement pour m’éclater à la maison. Mon cousin m’apprend beaucoup de choses et il compose aussi lui-même ses musiques dans le mini studio que nous avons tous les deux. On est tellement fusionnel que lorsqu’il me regarde dans les yeux, il arrive à voir comment je me sens et de là, il compose des musiques sur lesquelles je tente ensuite de mettre des paroles. Pour l’instant, on garde tout ça dans un coin et après le foot, si on trouve quelqu’un avec qui de travailler, on essayera de perfectionner nos chansons. La musique est un partage et un monde tellement vaste que je pense pouvoir trouver ma place aussi dans ce milieu. Aujourd’hui, avec une phrase et deux accords, il y a des tubes planétaires, et nous, on a envie de faire ça parce qu’on a des choses à partager et on s’en fout des retombées économiques. Avec la pression qu’il y a dans le foot, je me donne à 200% pour durer le plus longtemps possible, gagner ma vie, celle d’aujourd’hui et celle de demain, et si je peux faire de la musique après le foot en décompressant, ça serait le top. Faire des tournées en bus avec toute ma famille, ça serait vraiment extraordinaire !

 


Votre après-carrière, vous la voyez donc à priori dans la musique, mais pour la suite de votre carrière, quel type de challenge mêlant sportif et découverte vous plairait ? Est-ce que le tout nouveau championnat indien par exemple, ou la MLS, pourrait intéresser l’homme avide de voyages que vous êtes ?

 

La MLS, « why not » ! C’est vrai que les Etats-Unis, ça peut être sympa...
 


Dernière question : vous jouez avec le numéro 99 aux Young Boys. Pourquoi ce choix ?

 

Le numéro 9 était déjà pris, et suite à un deal, je voulais prendre le n°69 mais on m’a dit « ne le fais pas », et je n’ai pas été jusqu’au bout du truc… Comme ici j’avais le droit de choisir jusqu’à 99, je me suis dis pourquoi pas le n°99 ? Et comme je dis, avec deux neufs on fait une omelette !

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Guillaume Legueret

     

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