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Cinéma
Mercredi 20 Mars 2013

FIFF - Du Sénégal à la France, chroniques d'une porte fermée


Ce soir, au grand Cap Ciné de Fribourg, le FIFF présentait un nouveau film pour sa section "Cinéma de genre"; "Comme un lion" de Samuel Collardey. Arrivé sur les écrans français en début d'année, ce film n'a pas trouvé de distributeur en Suisse, ce qui faisait de la projection une "avant première". Son scénario, très actuel, retrace les déboires d'un jeune prodige sénégalais fraîchement débarqué en France, dupé par les promesses illusoires d'un agent véreux. Réaliste et prenant.


FIFF - Du Sénégal à la France, chroniques d'une porte fermée
Le présentateur du film a prévenu la salle juste avant que l'écran s'illumine; "Samuel Collardey, c'est un cinéaste réaliste". Cette notion nous accompagnera tout au long du long-métrage. En effet, en même temps que Mitri Diop, jeune sénégalais de 16 ans vivant dans un petit village à proximité de Dakar, on découvre une caméra de qualité, proche du personnage principal, et très en phase avec la réalité. La musique, pour la plupart du temps inexistante, étaye quelques scènes avec douceur, sans forcer le spectateur au sentiment. Collardey n'impose rien, il insinue les émotions avec une délicieuse simplicité. On est loin de l'épique hollywoodien, et ça fait du bien.

La première partie de la réalisation nous plonge dans une ambiance africaine typique; précarité, mysticisme, couleurs et... football. Une scène de prière où Mitri cache une photo de Ronaldo dans son livre de prière l'illustre bien : pour les jeunes Africains, la réussite sportive paraît aussi puissante et lointaine que Dieu. Néanmoins, on y pense tous les jours et on y croit, rien que pour rêver un peu.

Mitri Diop devra se battre comme un lion pour réaliser son rêve.
Mitri Diop devra se battre comme un lion pour réaliser son rêve.
Quand Mitri est recruté par un ancien international camerounais reconverti en agent, c'est tout le village qui est en émoi. Alors, on parie sur ses chances de réussite comme dans un casino, en sachant que le gain peut s'avérer énorme, mais surtout que la mise sera unique : l'agent demande des frais de logement qui représentent une bonne partie de la fortune du village. Mitri part alors avec la bénédiction de sa grand-mère et les espoirs des villageois qui espèrent récupérer leur investissement.

Comme on pourrait le deviner, le marchandage de l'âme humaine ne donne jamais rien de bon. Pour Mitri, les ennuis commencent dès son arrivée à l'aéroport de Paris. Puis, ils s'enveniment; le jeune homme passant de désillusion à désespoir. Pour exprimer sa détresse, Collardey utilise une métaphore très intelligente : Mitri se fait amener dans un stade pour faire un essai. Cependant, l'équipe ne vient pas et Mitri poireaute seul sur la pelouse déserte. Autour de lui, les gradins sont des barrières et, lorsqu'il court à l'intérieur se réfugier du froid, les portes des vestiaires sont symboliquement toutes fermées. Piégé par son rêve, le jeune comprend qu'il a été lésé et se rend compte que le football professionnel est une machine qui recrache sans sourciller les pièces qu'elle ne désire pas.

La sobriété de Mitri, contrastant avec la mentalité moderne des jeunes français, est l'une des images réussies de ce film.
La sobriété de Mitri, contrastant avec la mentalité moderne des jeunes français, est l'une des images réussies de ce film.


FIFF - Du Sénégal à la France, chroniques d'une porte fermée
Notre avis : Très bonL'utilisation de la vulnérabilité des jeunes africains face à leur désir est une vraie plaie du football moderne; l'idée d'en faire un film est donc brillante. Néanmoins, le réalisateur, et c'est ce que certains lui reprocheront, a abouti son scénario réelle et poignant en une "success story" à l'arrière-goût d'utopie. On ne dénonce pas le chemin atypique de Mitri, repêché par une équipe de division inférieure et un entraîneur aigri qui par la force des choses va retrouver de l'espoir et de l'énergie grâce au surdoué, ni la mise en scène subtile de la fêlure entre le football populaire et celui d'élite. Mais peut-être juste le manque de courage, non pas de dramatiser la chose, mais de peindre jusqu'au bout une réalité déjà plus que dramatique.

Prochaine séance le vendredi 22 mars à 15h00, Cap Ciné 5.


Robin Fasel

     

Commentaires

1.Posté par diouf le 21/06/2016 18:30 (depuis mobile)
Il ce défendue comme un vrai lion

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