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Cinéma
Jeudi 21 Mars 2013

FIFF - Entrevue avec Thierry Jobin, directeur artistique du festival


Pourtant très sollicité depuis le début du festival avec déjà près d'une quarantaine d'interviews à son actif, Thierry Jobin nous a tout de même fait l'amitié d'en accorder une de plus à "football-intégral". Aménagés pour toute la durée du festival, les locaux de l'Ancienne Gare ont permis une rencontre des plus surprenantes avec le directeur artistique du FIFF, tant sa sympathie et sa modestie ont facilité l'échange. Demandez à la télévision sud-coréenne, elle vous le confirmera sans doute d'une façon encore plus enthousiaste que nous!


FIFF - Entrevue avec Thierry Jobin, directeur artistique du festival
Entré en fonction en 2010, Thierry Jobin a commencé plus concrètement à marquer de son empreinte le FIFF depuis l'an dernier lors de sa 26ème édition. Les principales évolutions qu'il a apporté au grand rendez-vous cinématographique fribourgeois de l'année tiennent dans sa volonté d'offrir un festival d'une grande diversité, tout en ne s'imposant aucune contrainte d'ordre stylistique dans le choix des productions. A cet effet, il cite avec éloquence un grand nom du cinéma, François Truffaut, qui disait: "Un film populaire raté vaut mieux qu'un film d'auteur raté".

En ce sens, le directeur artistique du Festival de films de Fribourg cherche à signifier, qu'il n'élabore et n'élaborera pas un programme en réfléchissant de manière à former des quotas. Le critère primordial pour lui, réside dans la qualité d'un film, rien d'autre. En atteste le long-métrage "The Thieves" du réalisateur sud-coréen Choi Dong-hun projeté mercredi soir à 21H30 (Cap'Ciné 1) dans la section "Séances de Minuit", que Thierry Jobin qualifie de "Ocean's Eleven à la coréenne" , étant donné que son casting est composé des acteurs asiatiques les plus adulés. 

Thierry Jobin, un directeur du FIFF très généreux dans ses explications (Photo: Luca Barbieri)
Thierry Jobin, un directeur du FIFF très généreux dans ses explications (Photo: Luca Barbieri)
D'ailleurs, le cinéma sud-coréen fut l'un des grands sujets abordés durant cette entrevue d'à peu près une heure. Car comme on peut le constater, c'est une nationalité très représentée en termes de cinéastes dans cette 27ème édition. Deux des douze films en compétition pour l'obtention du "Regard d'or" sont sud-coréens. Le Directeur artistique explique et justifie cette importante densité par le fait que chaque année de nouveaux réalisateurs aussi talentueux les uns que les autres parviennent à réaliser des long-métrages tout de suite aboutis. 

Encore une fois, il n'y pas matière à polémiquer, s'il y'a plus de cinéastes sud-coréens représentés, c'est pour leur qualité, pas pour leur nationalité. Il ajoute également à ce propos suite à notre question sur la "Korean Academy of Film Arts", que le 7ème art connait en Corée du Sud un renouveau depuis quelques années maintenant. Longtemps handicapé par l'histoire politique du pays, l'ancien journaliste nous apprend que: " La nouvelle génération sud-coréenne de cinéastes cherche à rompre avec l'ancienne, qui prenait en exemple les films américains de série Z que les troupes visionnaient durant la Guerre de Corée". De toute évidence, la qualité n'est plus tout à fait la même au vu d'une production tel que "As One" de Moon Hyun-sung, laquelle vous pourrez encore découvrir ou redécouvrir ce vendredi à 12H15 (Rex 3). 

Toujours dans le vaste sujet du cinéma sud-coréen, Thierry Jobin nous apprend que comme à la fin des années 80, "Hollywood" commence à faire les yeux doux aux cinéastes asiatiques. A l'époque, de nombreux cinéastes d'Hong Kong dont le célèbre John Woo (Volte-Face ; Mission Impossible 2) ont été démarchés par les studios californiens pour réaliser des films à gros budget, alors que ceux-ci s'attendaient à plus de liberté dans leurs projets cinématographiques.

Le directeur artistique s'inquiète donc quelque peu pour l'avenir identitaire du cinéma sud-coréen, mais attention, ce n'est pas pour autant qu'il diabolise "Hollywood". D'autant plus que pour le moment il n'y a pas de quoi nourrir cette inquiétude, puisqu'il nous rapporte ce chiffre très significatif, qui indique que l'an dernier 78% du public sud-coréen est allé garnir les salles obscures pour voir un film réalisé par un sud-coréen en Corée du Sud. C'est dire si l'on risque presque de voir l'inverse se produire: des réalisateurs hollywoodiens qui s'expatrieraient en Corée du Sud. On en est loin mais qui sait? Après tout le cinéma est là pour nous faire voyager. 

"Tout le monde sait que je n'aime pas les films prétextes" (Thierry Jobin) (Photo: Luca Barbieri)
"Tout le monde sait que je n'aime pas les films prétextes" (Thierry Jobin) (Photo: Luca Barbieri)
On l'a dit et on le répète, Thierry Jobin n'est pas du genre à choisir des films pour que tous les continents soient représentés, et lorsque intervient la question des productions africaines quasi-inexistentes (une seule, celle de Jean-Pierre Bekolo "Quartier Mozart" sorti en 1992, qui est une coproduction franco-camerounaise), il nous répond franchement: "Nous avons vu beaucoup de films, certains d'entre eux traitaient de sujets intéressants. Malheureusement, la qualité était très souvent mauvaise voire médiocre, surtout qu'en Afrique les réalisateurs rencontrent de grosses difficultés à projeter leurs films dans leurs propres pays". Encore une fois, le critère qualitatif est le maître-mot du festival pour son directeur artistique, contrairement à certains de ses prédécesseurs qui selon lui cherchaient parfois à "mettre des films d'un peu partout pour n'oublier personne".  

Nous avons aussi brièvement échangé au sujet du cinéma sur le continent sud-américain, qui souffre d'après Thierry Jobin d'avoir former beaucoup trop de réalisateurs (Près de 400'000), qui ne pourront surement jamais réaliser un film tant les moyens ne pourront pas être mis à disposition pour tous. Assurément, il n'y aura pas pénurie de cinéastes avant très longtemps en Amérique du Sud. 

A l'inverse, par la suite nous avons parlé d'un pays qui lui souffre d'un manque de témoignages artistiques. L'Arménie, qui voilà près d'un siècle maintenant a connu un terrible génocide dont elle traine les fantômes encore aujourd'hui. Mise à l'honneur dans la section "Diaspora" lors de cette 27ème édition, Thierry Jobin nous confie entre autre que même le réalisateur Atom Egoyan, l'invité de marque de cette section "Diaspora" avouait ne pas être parvenu à "combler tous les vides" laissés par le manque de preuves de ce génocide. Le directeur artistique nous explique: " Ce génocide est le seul dont on a pas d'images on en tous les cas très peu". 

Charles Azanavour dans le film Ararat d'Atom Egoyan sorti en 2002, projeté ce jeudi à 15H (Cap'Ciné 1) (www.toutlecine.com)
Charles Azanavour dans le film Ararat d'Atom Egoyan sorti en 2002, projeté ce jeudi à 15H (Cap'Ciné 1) (www.toutlecine.com)
En ce qui concerne la notoriété du FIFF, qui a attiré cette année les deux personnalités de renoms que sont Charles Aznavour et Eric Cantona, Thierry Jobin se montre clair: "Elles ne sont pas venues pour faire de la figuration, elles sont là pas débattre." En effet deux débats intitulés "Arménie" et "A nous la victoire" auront lieu pour le premier ce jeudi à 19H35 (Cap'Ciné 1) et ce vendredi à 17H45 (Cap'Ciné 5) pour le second. Tous deux justifient la présence de ce type de célébrités, qui prendront activement part à la discussion.

D'ailleurs, cette information ne semble pas être tombée dans l'oreille d'une sourde, puisqu'en toute coïncidence le directeur artistique du FIFF venait tout juste de recevoir avant notre entrevue une lettre d'admiratrice lui demandant de lui obtenir un autographe de Charles Aznavour. Qu'on se rassure, c'était la seule, on imagine qu'il serait difficile pour Thierry Jobin de gérer des demandes de ce genre si elles lui parvenaient à foison. Qu'à cela ne tienne, celle-ci arrivera bien dans les mains du mythique chanteur, promesse de directeur! 

Pour en revenir plus sérieusement à la notoriété du festival, on savait avant cette 27ème édition qu'elle n'était plus à confirmer. A ce titre, il est toujours surprenant de constater qu'un tel festival perdure dans une petite ville comme Fribourg, plus réputée pour sa passion du Hockey que pour son amour du cinéma. Thierry Jobin nous répond: "Non c'est faux, les Fribourgeois et les Suisses en général sont de grands cinéphiles, après c'est vrai qu'étrangement, le festival s'est d'abord fait connaitre à l'étranger avant d'acquérir une certaine notoriété ici-même à Fribourg. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que très longtemps la Suisse a été une sorte de laboratoire pour Hollywood en matière de cinéma, on parle quatre langues en Suisse, ce qui peut donner pas mal d'indices au moment de distribuer une production" Il ajoute: "Le festival a pu grandir dans cette ville, grâce à la curiosité du public fribourgeois. Le FIFF est une espèce de graine qu'on a planté dans le terreau que serait le public fribourgeois. Et elle ne cesse de germer d'année en année." 

Un homme: Thierry Jobin

"Les grands films sont faits par des gens biens" (Thierry Jobin) (Photo: Luca Barbieri)
"Les grands films sont faits par des gens biens" (Thierry Jobin) (Photo: Luca Barbieri)
FG: Ce Festival est très particulier, on relève notamment cette folie géniale de diffuser de bout en bout du lundi au vendredi à partir de 9H00 cette projection de 15 heures de pellicule sur l'histoire du cinéma de Mark Cousins (The Story of Film: An Odyssey). Est-ce que c'est ce genre de choses qui fait la fierté du FIFF sous votre direction, ce décalage avec un certain conventionnalisme du cinéma auquel le grand public est habitué?
Tout le monde pensait que j'allais faire 20 entrées, et j'en suis déjà à plus d'une centaine. Je viens toujours tout au début le matin à 9H00 et je dis cette même phrase aux courageux spectateurs venus découvrir cette "folie". Je leur dis: " On va pas trop tarder à commencer sinon vous risquez de manquer le dernier train... (rires). Plus sérieusement, ce n'est pas une volonté absolue de créer un décalage, encore une fois c'est pour sa qualité que cette production se trouve dans le programme. Elle donne une version de l'histoire du cinéma beaucoup plus nuancée que celle de la plupart des historiens du 7ème art, qui par exemple lorsqu'ils parlent des années 70, ne font que de parler du renouveau d'hollywood, alors qu'il y'avait tout un tas de cinéastes qui réalisaient des films tout autant avant-gardistes ailleurs. Ce documentaire n'a été projeté qu'une seule fois avant qu'on le fasse, au musée d'art moderne de New-York. 

FG: On sait que vous avez longtemps exercé la profession de journaliste (25 ans), si Thierry Jobin l'était encore à l'heure de cet entrevue, quelle serait la principale question qu'il formulerait au directeur du FIFF? 
La même, la même que vous... (rires) A question cocasse, réponse cocasse! Du temps où j'étais journaliste, ma principale préoccupation était d'intéresser le lecteur, c'était très difficile de trouver le bon angle pour le captiver. J'ai donc un peu repris cette réflexion dans ma façon d'organiser le festival, je l'ai pensé en sections, où chacune raconte sa propre histoire à part entière. Chaque section est construite comme un mini-festival, le jeudi est consacré à l'Arménie, le vendredi au film de sport, etc. Cela prend du temps, quatre mois pour équilibrer le tout. J'agis pour que chaque section rappelle une autre, sans pour autant lui ressembler totalement. 

FG: Toujours en tant que Thierry Jobin "journaliste", quel serait votre favori pour l'obtention du Regard d'or? 
Cette question est grossière de ruse... (Eclat de rire) C'est bien essayé, mais vous imaginez bien que je ne vais pas vous répondre. Si j'étais à la place du jury, ça serait très compliqué pour moi de faire un choix. 

FG: Dernière question, lorsqu'on visionne autant de films pour dénicher les perles rares, qu'on nourrit une telle passion pour le 7ème art, est-ce qu'on ne se verrait parfois pas mieux comme cinéaste? 
Non, plus du tout. J'ai touché à la caméra quand j'avais 12, 13 ans. On faisait des remakes de Kung-Fu dans les forêts jurassiennes... (rires) Ce qui est certain, c'est que je ne nourris aucune frustration, car j'ai réalisé que je ne ferai jamais autant bien que les réalisateurs que j'admire. Eux arrivent à oublier les films qu'ils ont aimé quand ils prennent la caméra, moi j'en suis incapable, en revanche je suis heureux de pouvoir les faire connaitre, surtout quand je vois les risques que certains prennent pour pouvoir réaliser un film. Vraiment, les grands films sont faits par des gens biens.

Franck Guggisberg-Boukerdous

     

Commentaires

1.Posté par Roy Sierra le 06/04/2013 01:49
Salut Th Jobin,
Avant tout, Je t’envois mes salutations depuis mon pays la Colombie. Je suis Roy Sierra
un copain de l’Institut de Journalisme de l’Université de Fribourg….2005……..

En étant aimant du cinema documentaire et ayant participé comme Spectateur a la Rose d’Or de Monterux, en tant que membre du Jury Regard Neuf du Festival de Films documentaire de Nyon…..etc, je continue á regarder de bon films….Ceux du Festival de Fribourg sont pour moi, un clin d’oeil ou un regard de la realité, des tranches de vie fort importantes á comprendre et á analyser….toujours pour mieux cerner le monde d’aujourd’hui….Et voilá que je tombe sur toi en tant que Directeur du . FIFF!" Cela me fait plaisir pour toi et bien sur pour le Festival de Fribourg…..

Tout á d’accord sur ta reflexión: sur leKino.ch est donc la matérialisation d'une proposition de cinéma, pointue aussi bien que populaire, qui ravira les festivaliers présents depuis trois décennies,
tout autant que les cinéphiles, y compris ceux de la génération du téléchargement.

Ce de la “digitalisation du cinéma, numérisation (en français) et de manière péjorative, de dématérialisation du 7e art”, semble etre plutot un dilema pour celui qui cherche une explication plus rationnellle á la question.
Salutations,

roysierra@yahoo.com

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