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Cinéma
Lundi 18 Mars 2013

FIFF - Quand les idoles du sprint passent du côté obscur…


Le Festival International de Films de Fribourg complète magnifiquement sa sélection « Cinéma de genre » avec « 9,79 », documentaire du britannique Daniel Gordon qui aborde la délicate polémique du dopage. Ce thème plus que jamais d’actualité, replacé dans le contexte des J.O. de 1988, se transforme par le génie du réalisateur en véritable métaphore de la lutte du bien contre le mal. La fin justifie-t-elle les moyens ? La voix grave de Ben Johnson, fustigé pour avoir usé de stupéfiants en finale olympique, nous laisse sous-entendre que oui…


FIFF - Quand les idoles du sprint passent du côté obscur…
Lorsque la salle de cinéma s’obscurcit, les premières images tiennent le spectateur en alerte ; on y voit défiler les plus grandes figures de l’athlétisme des années 80, en gros plan. Ce sont les finalistes de la finale du 100 m Messieurs, aux Jeux Olympiques de 1988 de Séoul. Le contexte est placé : les deux héros du sprint, l’Américain Carl Lewis et le Canadien Ben Johnson, auront l’occasion de s’affronter pour le titre d’homme le plus rapide du monde. Le verdict ? Johnson gagne, Lewis s’effondre. Le lendemain, la presse est en alerte : Johnson serait disqualifié pour usage illégal de stéroïdes. Il rentre tête baissée au pays et sa carrière ne s’en remettra pas.

Gordon a réussi, avec succès, à capter les témoignages des deux adversaires qui, malgré la force des années, se souviennent comme si c’était hier de la fameuse finale. En voix-off, on les entend évoquer d’abord leur parcours de jeunesse, étrangement similaires. Tous deux noirs, issus d’un milieu précaire, subissant la couleur de leur peau, ils utilisent la course pour prouver leur valeur. Les entraînements sont durs, la concurrence est rude. Ils s’accrochent. Jusqu’à ce qu’ils atteignent le niveau international.

Carl Lewis, un renom rappelant Mohamed Ali (http://commons.wikimedia.org)
Carl Lewis, un renom rappelant Mohamed Ali (http://commons.wikimedia.org)
Les témoignages des autres coureurs de l’époque nous rappellent que Lance Amstrong n’a rien inventé. Déjà dans les années 80, pour les athlètes de haut niveau, la question se pose systématiquement: faut-il conserver sa morale et risquer de tout perdre, ou accepter de briser les règles pour arriver à ses fins ? C’est avec émotion qu’on entend Johnson qui, avec le recul des années, admet certaines de ses erreurs, notamment avoir nié les faits et reporté la faute sur son coach. Cependant, il défend qu’il n’était en rien le seul à avoir cédé à la tentation.

En somme, si comme la rumeur le laissait entendre, tous les athlètes se dopent, ceux qui restent honnêtes n’ont aucune chance. Et dans une discipline comme le sprint où la force musculaire est un élément décisif, difficile de résister à la tentation… La différence entre Johnson et les autres réside-t-elle dans le simple fait qu’il se soit fait prendre ? Certains grands athlètes de l’époque donnent leur avis, parfois troublant, sur la question. Et confessent. 

Catch me if you can.
Catch me if you can.
A la figure de Johnson s’oppose celle de Carl Lewis, qui se vante d’être resté clean au long de sa carrière. Cependant, la droiture de Lewis peut être confondue avec un esprit de revanche envers l’homme qui a osé courir plus vite que lui. Ainsi, plus que le combat du Gentil contre le Méchant, il s’agit d’un dilemme moral. « Je suis toujours le plus grand sprinter du monde », soutient Lewis alors qu’il vient de se faire battre pour la première fois, sous-entendant déjà que Johnson triche.

Alors que croire ? Que les conduites dopantes se trouveront bientôt légalisées ? Dans les années 60, on considérait impossible de terminer un marathon en moins de deux heures. Or, les champions actuels s’en approchent. L’homme est-il en train de pousser les performances sportives vers des limites qu’il ne pourra franchir qu’à condition de s’injecter des hormones ? Pour l’instant, on imagine mal les stéroïdes faire partie de la diététique sportive, à même titre que les boissons Isostar… Et pourtant, on sait que si l’Homme cesse de battre des records, les disciplines olympiques perdront leur sens.

FIFF - Quand les idoles du sprint passent du côté obscur…
Notre avis : Excellent. Ceux qui prétendent que le documentaire n’a pas sa place dans le monde cinématographique se trompent… Car « 9,79 » n’a rien d’un reportage télévisé du type « Zone Interdite » ; il s’agit d’une véritable création, à la fois informative et divertissante, qui répond à des questions pour en soulever d’autres. Gordon a réussi, dans un montage final qui révèle son talent de réalisateur, à transformer un scandale sportif en leçon de moral. Avis aux utopistes qui défendent l’éthique sportive à tout prix : il se peut que vous soyez déçu à la fin de ce reportage. 

Prochaine séance le vendredi 22 mars à 21h00, Rex 2.


Laure Fasel

     

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