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Face à Face
Lundi 22 Juillet 2013

Face à face : les Jedi du rap français


Pour cette première édition de "Face à face", faisons une trêve de tractations footballistiques et buvons un verre sur un fond mélodieux. C'était une culture alternative, une cause urbaine. C'est devenu un phénomène de société, une musique populaire. A des kilomètres des murmures tranchants des NTM se scandent les refrains juteux de la Sexion d'Assaut, vendant son dernier album plus de 700'000 fois. Du diamant sur le disque, mais dans les paroles ? Pour rappeler ses origines, le rap français peut néanmoins compter sur des éternels combattants du microphone, des Jedi du son qui, malgré les tentations du Côté Obscur, s'acharnent à faire tourner la "machine à penser" sensé être la génératrice de ce genre musical. Ce printemps, d'ailleurs, quatre d'entre eux (Psy 4, I AM, Kery James et Medine) ont sorti un album... L'occasion était trop de belle pour ne pas organiser un petit match.


Medine, un Jedi au "look" étrangement proche d'un Seigneur Sith.
Medine, un Jedi au "look" étrangement proche d'un Seigneur Sith.

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Psy 4 De La Rime VS Kery James

Le 1er avril 2013, le quatuor marseillais "Psy 4 De La Rime" sortait son quatrième album, intitulé facilement "4ème dimension". Quelques rappels historiques; le groupe s'était fait connaître avec un album innovant (Bloc Party), en 2002. Il a enchaîné avec second opus 3 ans plus tard (Enfants de la lune), puis, à la même fréquence, avec le troisième (Les Cités d'Or). Entre temps, les leaders du groupe (Soprano, Alonzo) ont travaillé sur des projets solos, ce qui a retardé la sortie de ce quatrième album.

"Nous on traverse le temps à bord d'une comète", chante Alonzo dans le titre "Ton quartier nous connait", qui d'ailleurs ouvre la tracklist. 2002-2013. Traverser le temps, oui, mais de quelle manière ? En brandissant cette dernière création qui, selon le groupe, est la plus aboutie des quatre, un sentiment ressort : la nostalgie. La nostalgie de la nostalgie. Comprenez, Psy 4 est un groupe d'une humanité formidable, qui, à défaut d'avoir percuté pour son rap politique, était devenu le maître du rap "à la dérive", triste, parfois même terriblement dramatique.


Cette force émotionnelle provenait de la simple est bonne raison que, à l'époque, les Psy 4 rappaient comme ils satisfaisaient un besoin physiologique, autrement dit pour se sortir de la misère de la banlieue et de s'évader d'une mélancolie quasi-génétique (dans ce style, on peut citer les titres "J'ai écrit un album", "La vengeance aux deux visages" ou encore "Comme une bouteille à la mer"). Et puis, Psy 4, c'est un groupe qui a marché, marché, courru même. Le succès et le confort qui s'y rattache ont eu donc raison de leur identité élégiaque, heureusement pour eux, malheureusement pour nous.

En écoutant "Follow me", "Afrikan Money" et "Lâcher de pits" (titres du dernier album), j'avoue que, une énième fois en écoutant ce groupe, la larme m'est montée à l'oeil. Mais pas pour les mêmes raisons.

Kery James et l'affiche de son dernier clip. (Photo : http://haks-records.wifeo.com)
Kery James et l'affiche de son dernier clip. (Photo : http://haks-records.wifeo.com)
Kery James, c'est le genre d'artiste que l'on n'a plus besoin de présenter. Parolier séculaire, quasi-intomperel, rappeur viscéral, le Guadeloupéen d'origine, qui a fait ses armes avec le groupe "Ideal J", est un peu le chronographe automatique du rap français; quand il se fige, le temps s'arrête. Celui qui a été découvert par Mc Solaar lors d'un atelier d'écriture s'est ensuite émancipé aussi bien sur le plan spirituel (conversion à l'Islam) que sur le plan artistique (carrière solo de rappeur).

Actif depuis 1990, il fait véritablement partie des mûrs du rap français. Au fil des années, ses créations on été inspirées, parfois moins, mais toujours franches et, qui plus est, diversifiées (investissement auprès du collectif "Mafia K'1 Fry", album léger - Ma Vérité, 2005 -, retour éclatant - Le Retour Du Rap Français, 2009 - parcours de la scène culturelle française en travaillant avec Aznavour, Amel Bent, Mathieu Kassovitz...).


Après plusieurs années d'absence, Kery James a commencé à refaire parler de lui l'année dernière, quand il a sorti un album "collector" de ses plus grands titres en vingt ans de carrière. Assez de cérémonie, place à l'action. Le 13 mai 2013, c'est sa fan base qui s'émeut à l'écoute d'un nouvel album ("Dernier MC") remplit de bon sens/sons, qui plus est englobé dans une couche substantielles d'idéaux. On le retrouvera en finale.

Vainqueur facile de la première demi-finale, Kery James. 


Medine VS I AM

Une nouvelle série américaine ? Non, le groupe I AM en smart-casual. (Photo : http://aumilieudumondeblog.files.wordpress.com)
Une nouvelle série américaine ? Non, le groupe I AM en smart-casual. (Photo : http://aumilieudumondeblog.files.wordpress.com)
"Arts Martiens", album d'IAM sortit il y a quelques semainesmarque le retour des dinosaures du rap. On vous parlait de l'ancienneté de Kery James (1990), mais les vrais grands frères du hip-hop de l'Hexagone, c'est bien eux. I AM, collectif marseillais fondé en 1989, raconte l'histoire d'une poignée de jeunes surdoués de l'écriture qui ont su mettre en scène (ou en rythme) leur talent. "Demain c'est loin", "Petit frère" ou "Revoir un printemps" ne sont pas seulement des classiques lyriques, ce sont avant-tout des hits inscrits dans le patrimoine national.

Comment est-ce que le groupe a-t-il pu survivre en 24 ans de carrière ? Pour des dinosaures, les MCs de I AM sont bien des monstres de régularité, de sérieux, de discipline, et, surtout, un puis intarissable de musique de qualité. Dans ce nouvel opus, le premier titre scande le chemin parcouru par le groupe, avec l'attitude, s'il vous plaît :


La tracklist dévoile également quelques créations modernes ("Marvel", "4.2.1") puis fait merveilleusement revivre le style "guerrier spirituel" avec des maîtres-morceaux comme "Benkei et Minamoto" ou "Les raisons de la colère". Dans cette dernière d'ailleurs, Shurik'n lance superbement : "J'ai toujours le feu depuis que j'ai croisé sa route". Nous aussi.

Medine, un artiste à part. Le rappeur du Havre, un endroit qui n'a pas fait pousser de nombreux rappeurs si ce n'est ceux de son collectif (Din Records), a sorti très récemment (début juillet) son quatrième album (après "Jihad", "11 Septembre" et "Arabian Panthers") intitulé "Protest Song". Très intelligemment, cet interprète à la culture extra-large s'est fait connaître en utilisant les voies sinueuses de la provocation... religieuse. Les titres de ses deux premiers albums en attestent, Medine est croyant, de confession musulmane, et joue ostensiblement avec les stéréotypes s'y rattachant (notamment en faisant souvent référence à sa barbe fournie, comme il l'explique dans la chanson "Code Barbe").

Mais, creusons un peu, Medine est surtout un rappeur extrêmement talentueux, un poète dur qui mixte des déclarations littéraires avec des positions féministes et anti-communautaristes savamment maquillées. Si ces deux premiers albums sont débordants d'information et donc un peu brouillon au niveau musical (Medine a commencé à rapper dans l'optique d'accéder aux hautes écoles), sa troisième création ("Arabian Panthers") se hisse au panthéon du rap français. Agressivité positive, messages de détermination pacifique, sonorité travaillée, poésie, tout y est. "Une cartouchière d'encre noire mise en bandoulière", comme il le chante dans l'introduction de son avant-dernier album, Medine repart au combat en 2013 avec une composition plus mitigée.

Extrémiste, Medine ne l'est pas. Dans ses positions politiques, spirituelles et sociales, on ressent la modération qui fait de lui cet être si fascinant, qui utilise la provocation et le rap comme un canal pour passer des idées positives. Néanmoins, s'il devait être un extrémiste, ce serait dans son style. Exigeant et engagé au possible, Medine ne s'est pas altéré avec son dernier album, mais a voulu donner un peu d'air à ses paroles souvent lourdes... de sens. Et c'est raté. Sur la pochette de l'album, comparable à celle de son dernier CD, Medine apparaît très sombre, un capuchon sur la tête, avec un titre on-ne-peut-plus révolutionnaire : "Protest Song".


Et puis, on découvre une combinaison d'excellents morceaux ("Protest Song", "Besoin d'évolution", Double Audition") et de titres déjà connus (comme les très bons "Biopic" retraçant l'histoire émotionnelle du rappeur et le langoureux "Bruit qui pense", faisant référence à la citation de Victor Hugo sur la musique). Le message est là. L'idée, aussi. Mais, comme s'il fallait plaire à tout le monde, Medine en rajoute avec "D'Arobaz à Zero", "Cadavre Exquis" ou "Courage Fuyons" et non, ce n'était pas nécessaire.

Qu'on s'entende, "Protest Song" est un album sensé, frais et d'une qualité considérable. Néanmoins, on déplore certains de ses choix artistiques probablement motivés par une envie de conquérir un public plus large. On comprend la motivation. On regrette la réalisation.

Vainqueur de la deuxième demi-finale, I AM.


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Kery James VS I AM

Il n'y pas à dire, la finale est serrée. Dans leur style, I AM et Kery James ont, à travers leur dernier album, confirmé leur talent et perpétué une tradition musicale qu'ils ont eux-mêmes créé. Pour les titres "Y'a rien" (et son clip ultra-puissant), "Constat amer" et "Des mots", on dira que KJ ouvre superbement le score.

Néanmoins, en creusant, on peut éventuellement décrier le manque d'originalité dans les thématiques (phénomène récurrent dans le rap français) et l'utilisation un peu "ça marche, j'en profite" du dubstep, un style de musique électronique qui, par exemple, a été plus intelligemment utilisé par Youssoupha dans son dernier album "Noir Desir".

Du côté d'I AM, tout n'est pas parfait, bien sûr. Néanmoins, en se basant sur la richesse artistique, la profondeur des textes et la grande qualité des instrus, on peut bien imaginer l'album d'I AM revenir dans le temps additionnel, puis gagner au penalty. Et puis sur eux, "même le temps s'effrite", non ?

Vainqueur final : I AM. Pour célébrer la victoire, voici un clip-rap comme en aimerait en voir plus souvent. Les paroles sont douces, l'instru est exquis, et la photographique donne des envies terrible d'évasion spirituelle, voire géographique. Qui aurait-cru que le rap pourrait-être "si paisible" ?



Robin Fasel

     



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Dimanche 22 Octobre - 13:44

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