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Sociofoot
Lundi 2 Février 2015

J'ai vécu un Derry City FC / Paris Saint-Germain.


Septembre 2006. L’Irlande du Nord, Derry City, le « Bloody Sunday », le quartier du Bogside et ses « mural paintings ». Une ville chargée d’histoire et un déplacement tout simplement inoubliable pour moi et probablement pour un bon nombre d’autres supporters du club de la capitale. Du jour du tirage au sort, où je me suis précipité sur internet pour réserver mes billets d’avion, jusqu’au retour à Paris, un peu lessivé par quatre jours de folie sur le sol irish, cette aventure avec Derry restera un pur moment de bonheur.


Le chaleureux accueil irish.

Tout voyage vers l’Irlande commence la plupart du temps à l’aéroport de Beauvais dans les sublimes avions de la compagnie Ryanair… Muni d’un simple sac à dos rempli à ras bord, je retrouve une grande partie des membres de notre groupe en milieu de matinée. Tout le monde est déjà au taquet, impatient d’aller passer quelques jours là où l’herbe est plus verte qu’ailleurs. Le court voyage vers Dublin est jalonné de discussions sur le foot bien sûr, mais aussi sur la culture irish et sur l’histoire de cette ville de Derry que nous allons découvrir. 

Pour rejoindre Derry (ou Londonderry pour la population protestante), quelques heures de bus sont nécessaires. Après une journée à Dublin à jouer les touristes tout en goûtant la Guinness à la source, nous nous rendons à la gare routière de la ville où nous prenons donc le bus en direction du nord. Plus les kilomètres défilent et plus les pauses s’enchaînent pour éliminer le trop plein (d’eau ?) de l’organisme… Le tout, dans une ambiance allant crescendo. Une fois la verte campagne irlandaise traversée, me voilà donc dans cette ville médiévale de Derry qui m’est encore totalement inconnue. 48 heures plus tard, elle sera à jamais gravée dans ma mémoire.

Ce déplacement à Derry n’a presque aucun enjeu sportif pour nous tous. Bien sûr, la victoire est toujours souhaitable pour le club. Mais ce que nous voulons, c’est avant tout représenter nos couleurs loin de Paris et, dans ce cas précis, découvrir une histoire, nouer des liens avec les personnes présentes sur place.Dès notre arrivée à la gare routière, nous sommes accueillis à bras ouverts par les locaux, tant supporters que simples habitants. Et là-bas, l’accueil, c’est quelque chose ! En moins de deux, à peine le temps de checker nos chambres à l’auberge que nous sommes embarqués sur Waterloo Street pour boire une pinte de bienvenue. Puis deux. Puis trois… Au final, nous passons la fin d’après-midi et la soirée au pub à boire, discuter, rire, parler foot, politique et société.

Au fil des minutes, les pubs étant bondés de supporters et d’habitués, Waterloo Street devient le plus grand salon de la ville. Chacun va de groupe en groupe pour faire connaissance et les premiers liens se tissent. Les verres, eux, se vident, s’empilent et se cassent à même le sol, tandis que les chants raisonnent de plus en plus forts dans le cœur de la ville et que les photos souvenirs se multiplient derrière les bâches et les drapeaux des deux clubs. A une heure avancée de la soirée, nous partons pour une marche dans les rue du Bogside (quartier où s’est déroulé en grande partie la manifestation du Bloody Sunday) qui nous permet de poursuivre les discussions avec nos hôtes et d’en apprendre plus sur ce fameux jour, en sachant qu’une grande partie de nos interlocuteurs ont des liens familiaux ou amicaux avec des manifestants qui étaient présents ce 30 janvier 1972. Frissons garantis. 

Le lendemain, jour du match, rendez-vous est donné au pub pour se chauffer le gosier comme il se doit avant d’entamer un immense cortège à travers les rues pavées de la ville avec les supporters de Derry. Aujourd’hui encore, j’ai les chants à la gloire de nos deux clubs dans ma tête. Tout simplement inoubliable. Sur le chemin qui mène au stade, nous découvrons les multiples peintures murales en hommage au Bloody Sunday mais aussi à la gloire du Celtic ou encore du Hezbollah, de la Palestine, de l’IRA et de la République d’Irlande.

 

Le Brandywell, stade du Derry City FC.
Le Brandywell, stade du Derry City FC.

Un match nul sur tous les points : 0-0.

Et le match alors dans tout ça ? Plantons le décor. Un stade champêtre, le Brandywell, avec une piste en sable autour de la pelouse pour les courses de lévriers. Le stade se trouve en contrebas d’une colline où se trouve un cimetière peuplé par les traditionnelles croix celtiques. Tout autour du stade, des gamins sont montés dans les arbres avec leur drapeau pour suivre le match. D’autres sont même sur les toits des maisons voisines.

Au sein des tribunes, les supporters locaux dévoilent une banderole à la gloire du Che, de multiples bannières rouges et blanches, le tout étant agrémenté de chants de la Red and White Army et de quelques torches rouges bien senties. De notre côté, nous accrochons nos bâches sur un grillage du stade, les barrières de la tribune étant trop petites pour tout placer.
Au final, le PSG décroche un 0-0. Match nul sur tous les points. D’ailleurs, je suis incapable de ressortir une seule occasion de ce match que je n’ai quasiment pas regardé, préférant passer mon temps à chanter, hurler et profiter de ce moment en tribunes.
 
La communion entre supporters sur Waterloo Street.
La communion entre supporters sur Waterloo Street.

Au Parc des Princes, les tifosi sont en hommage à Derry.

Mais terminons donc avec cette ville : Derry. Le lendemain du match, après une courte nuit de sommeil, direction le shop local du Celtic  pour acheter quelques souvenirs, mais surtout le musée du Bloody Sunday situé dans le Bogside. Ici, fini la rigolade. A la lecture des nombreux articles de presse, des témoignages d’époque et des vidéos présentées au musée, je mesure l’horreur de ce massacre et il m’est impossible de rester insensible et neutre sur ce fait qui a marqué l’histoire de l’île toute entière. Aujourd’hui encore, je porte régulièrement sur un vêtement un signe distinctif ramené du musée pour ne jamais oublier cette visite et tous les visages des gens avec qui j’ai parlé de ce Bloody Sunday.


Une fois le « pèlerinage » terminé, il est temps de faire un dernier tour dans le Bogside. Là, je reste fixé pendant quelques minutes devant chaque peinture murale faisant référence à cet événement tragique et je profite de la « chance » qui m’est donnée de voir cela. J’immortalise cet instant avec un tas de photos car ces peintures ne sont pas éternelles. Les artistes du quartier, réunis dans un collectif, repeignent de temps en temps ces murs avec de nouvelles fresques, ce qui donne ce côté éphémère à cet art de rue. L’heure tourne et le temps des dernières accolades, des échanges de coordonnées, d’écharpes ou de maillots est venu. Du bus pour Dublin jusqu’au retour à Paris, la nostalgie se mêle à la joie d’avoir passé un moment unique.


Deux semaines plus tard, nous avons accueilli les supporters de Derry sur nos terres, sous la Tour Eiffel. Toute une après-midi à festoyer avec eux avant de rejoindre le Parc et vivre une des plus belles ambiances que je n’ai jamais vécues. Un stade avec des tifos en hommage à nos visiteurs. Ce match est clairement à classer parmi les plus forts auxquels j’ai pu assister. Comme le disait les t-shirts que portaient les supporters de Derry, battre le PSG aurait été « priceless ». Mais pour moi, ce sont tous ces instants passés avec eux qui resteront « priceless ». Ils subsisteront à jamais dans mon cœur et dans ma tête. Bien plus que ces deux fois 90 minutes

Superbe ce t-shirt non ?
Superbe ce t-shirt non ?

Guillaume Legueret

     

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