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Sociofoot
Lundi 27 Avril 2015

La Guerre des mondes


Décrié, encensé, monté de toutes pièces, rarement un match de football n’aura suscité autant de débats et de questionnements en France. Ce « Clásico » à la française a donné lieu au fil des années à un spectacle tantôt passionnant, tantôt déplorable, mêlant joueurs, entraîneurs, présidents, en passant même par certains politiciens. Il représente le microcosme de notre ère, la longue décadence qui parfois s’arrête l’espace de quelques minutes, laissant entrevoir une lueur d’espoir.


(sport24.lefigaro.fr)
(sport24.lefigaro.fr)
Le mythe des temps modernes. Aujourd’hui incontournable, l’affiche opposant l’Olympique de Marseille et le Paris SG n’a pas toujours suscité autant de passion ni autant de haine. Il faut remonter au tout début des années soixante-dix pour en avoir la preuve. En effet, en ce jour du 12 décembre 1971, l’OM de Skoblar reçoit pour la première fois le PSG dans l’anonymat le plus complet. Il faut dire que le bébé du Paris FC et de Saint-Germain-en-Laye fait pâle figure face au club phocéen (triple champion de France et vainqueur la même année). Ce choc des extrêmes remporté par l’OM (4-2) ne marque en aucun cas le début d’une rivalité. A l’époque, le seul ennemi de Marseille se nomme Saint-Etienne. 
« Les explications des sociologues sont une vaste connerie ! PSG-OM, c’est moi qui l’ai créé, j’ai tout orchestré. » (Bernard Tapie)
La sacralisation de cette affiche est née de deux têtes pensantes orientées business. Bernard « Madoff » Tapie côté Olympique Magouilles et le groupe Canal + paré de ses plus fringants journalistes côté parisien, s’organisent dans les années quatre-vingt-dix pour promouvoir ce qui deviendra le match phare du championnat de France. La publicité est immense et l’enthousiasme de la foule valide inéluctablement le sinistre dessein de quelques hommes d’affaires. Le PSG devient populaire et s’expose plus largement aux yeux du monde, tandis que l’OM continue de côtoyer les sommets. Les deux clubs se fondent à merveille dans le football doré, fait de marketing et de transferts pas toujours très compréhensible à plusieurs niveaux (frauduleux, exorbitants ou tout simplement ratés). Et le football dans tout ça ?

Au fil des années, et grâce aux ressources financières, les frères ennemis se sont tout de même forgé une belle réputation sur les prés. Ces rencontrent reprenaient alors toute crédibilité d’un point de vue tactique et le jeu proposé par les deux équipes, représentait fièrement l’un des plus beau sport de la planète. Le petit manège orchestré dans l’ombre a donc parfaitement fonctionné, à tel point que les deux clubs se détestent de manière parfois malsaine.

Le crime ne paie pas ? (undergroudfootball.com)
Le crime ne paie pas ? (undergroudfootball.com)
La Haine. Tout ce tapage médiatique n’a fait que renforcer l’idée d’une soi-disant haine entre la capitale et la province. Comme si le football n’avait plus d’importance. Face aux débordements de certains groupes de supporters des deux camps, le sport passait trop souvent au second plan. Tous les Marseillais ne vouent pas une haine viscérale aux Parisiens et vice-versa. Heureusement, l’ambiance commence doucement à changer et les derniers affrontements ont suscités moins de violences que durant certaines années.

D’un point de vue purement sportif, l’Olympique de Marseille a longtemps dominé le PSG avant que la situation ne s’inverse progressivement. A l’époque, les phocéens possédaient davantage d’expérience dans les matches à fort enjeu. Comme lors de cette rencontre de 1982, où Franck Sauzée détruit les espoirs de titre du club parisien d’une frappe soudaine dans les arrêts de jeu. Quelques années plus tard (1992), lors d’une rencontre torride, le PSG d’un certain Arthur Jorge croit pouvoir  « marcher »  sur les joueurs marseillais. Pas vraiment du goût de Bernard Tapie, qui tente de provoquer un électrochoc en affichant l’article où apparaissait la déclaration de l’entraineur du PSG « On va leur marcher dessus », en plein milieu du vestiaire olympien. 
« A Paris, ils avaient dit qu'ils voulaient nous marcher dessus. Pensez donc. Boli, Casoni, Di Meco, on ne leur marche même pas sur les pieds. » (Raymond Goethals)
Rarement on aura vu un classique d’une telle brutalité. Les deux équipes se rendant coup pour coup, balançant des tacles à la limite du crime contre l’humanité. Au final, c’est l’OM qui sortira vainqueur de cette boucherie (0-1) au Parc des Princes. C’est à partir de ce match que la dégénérescence programmée a vraiment débuté, engendrant son lot de clichés. Bernard « el Bandido » Tapie surfera sur cette vague de haine et de violence pour alimenter ce pseudo engouement autour de cet affrontement, jusqu’à son départ morbide.

(psg.fr)
(psg.fr)
Danse avec les stars. La remontée du PSG s’opère dans les années 2000. Le club profite alors de la manne financière de Canal + pour s’offrir quelques douceurs. Ronaldinho, qui illumina de toute sa classe la rencontre du 26 octobre 2002, pour une victoire nette et sans bavure des parisiens (3-0) ou bien encore, la vista légendaire de Pauleta. L’aigle des Açores prendra son envol à plusieurs reprises (109 buts), de quoi ravir le club de la capitale. Après une période faite de haut et de bas, le PSG prendra un virage décisif dans sa lutte face à l’ennemi juré. Son nom : le Qatar.
« Le PSG représente la capitale, où sont concentrés toutes les instances politiques et sportives. Il est de bon ton de se faire voir au Parc des Princes. Rien de tel au Stade-Vélodrome. Les gens ne viennent pas pour se faire voir, mais pour voir l’OM gagner. Ici, on n’arrive pas en costard-cravate. Il y a une autre passion. » (José Anigo)
C’est à ce moment-là, que le club de la capitale à fait pencher la balance en sa faveur. De nos jours, Paris et Marseille ne joue plus vraiment dans la même cour. Avec les arrivées de superstars telles que Ibrahimovic, Thiago Silva ou encore David Luiz, Paname a sorti son joker de luxe. Malgré tout, l’ambiance reste la propriété de l’OM. En effet, tout le monde a pu admirer les superbes tifos déployés dans les tribunes du nouveau stade Vélodrome. Une atmosphère incroyable qui incite les joueurs  à se surpasser. A Paris, le « Plan Leproux » a certes diminué la chaleur du Parc des Princes mais  a surtout réussi à apaiser les tensions. 

Néanmoins, même si le classique à la française reste un rendez-vous de marque, il est encore très loin d’égaler le véritable clásico d’un point de vue mondial. Normal me direz-vous, puisque ce match entre les deux géants espagnols date de bien plus longtemps et, soulève des enjeux plus poignants que l’affiche montée de toutes pièces par quelques avares. Eux-mêmes qui se délectent au moment de l’annonce des audiences et dudit profit engendré. Le PSG-OM du 24 février 2013 aura rassemblé plus de 2,8 millions de téléspectateurs, c’est le record de Canal + pour cette rencontre (source : l’Equipe). Une sacrée perf’ pour la chaîne cryptée. Pourtant, là encore, ce n’est qu’un grain de poussière comparé au duel entre le Real Madrid et le FC Barcelone (400 millions de téléspectateurs dans le monde). Le classique français reste malgré cela un événement vu à l’étranger (Plus de quarante diffuseurs répartis dans 160 pays) mais la comparaison n’a tout de même pas lieu d’être.

Aux armes ! (20minutes.fr)
Aux armes ! (20minutes.fr)
L’expérience Vélodrome. A quelques encablures du rond-point du Prado, au sud de Marseille, se trouve l’un des plus beaux écrins du championnat de France : le stade Vélodrome. Après une longue période de rénovation et un coût faramineux (551 millions d’euros), l’enceinte des joueurs et des supporters phocéens est devenue un bijou à la hauteur du public et des ambitions marseillaises. Pour la venue du PSG, la citée est en effervescence. Au fur et à mesure que la rencontre approche, le climat devient étouffant. Les fanatiques déversent leur haine à l’encontre du club de la capitale tandis que les simples supporters préfèrent charrier leur adversaire du soir dans une ambiance bon enfant.

Le pastis coule à flot et le mistral distille dans l’air un parfum d’anis. Les chants des supporters résonnent aux alentours du stade et la foule se rapproche inéluctablement de l’arène. Pour les amoureux du ballon rond, une telle affiche, malgré son histoire quelque peu controversée, ça ne se rate pas. D’ailleurs, les gigantesques tifos déployés par les Marseillais démontrent à quel point cette rencontre à quelque chose de particulier dans le cœur des gens de notre époque. Pour couronner le tout, le spectacle proposé aux 65148 spectateurs présent au Vélodrome fût à la hauteur de l’évènement et ce, malgré la défaite des Phocéens (2-3). Assister à un OM-PSG est une expérience qui vaut le coup car, même si l’on ne supporte aucun des deux clubs, il n’y a qu’à se laisser guider par l’ambiance incroyable mis en place lors d’un tel rendez-vous. Oui, parfois, le football est plus fort que le reste.


Crédit vidéo : Loris Gotz

Maxime Brandizi

     

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