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Au coeur de l'Amérique latine
Jeudi 22 Août 2013

La réalité cubaine


FI, pour son dernier épisode de sa série d'été, tel Che Guevara, est parti arpenter les routes cubaines, avec en poche son carnet de notes et son appareil photo. Non, on n’est pas venu faire la révolution, mais pour comprendre si le système communiste peut fonctionner et, aussi, pour attiser notre curiosité sur le football. Pour ne rien vous cacher, les déceptions furent nombreuses…


Une vue panoramique de La Havane (photo: jd)
Une vue panoramique de La Havane (photo: jd)
Cuba, une île paradisiaque, les « puros » (cigares), les vieilles voitures américaines, la révolution, le carnet de ration, Fidel... Les préjugés sur ce pays ne manquent pas. Il se dit que les 11 millions d’habitants de cette île sont heureux et épanouis. Rosa*, femme d’un certain âge, nous le confirme en chantant la gloire de sa nation et le bonheur d'être cubaine sur une place paisible de Santa Clara. « Je suis une Fidelista, j’ai connu la révolution (ndlr : 1956-1959). Fidel (Castro) nous a apporté la prospérité, la joie, un système économique parfait et l’égalité entre tous les hommes ». Le décor est planté, mais la vielle dame au regard vif esquive vite nos questions sur les droits de l’homme en contant à nouveau les exploits de Fidel et ses acolytes dans la Sierre Maestra (région montagneuse de l’est de Cuba, d’où s’est propagé la révolution).

« L’histoire m’absoudra » Fidel Castro

Les années 50 Cuba, c’est le bordel des Etats-unis. La mafia y a établi ses bases arrières, les casinos et les hôtels de luxe fleurissent à La Havane comme sortent les talents de la Masia. Des avions cargos entiers y arrivent et y déversent des millions d’américains assoiffés de drogue, d’argent et de Cubaines. La corruption est au sommet, la violence est très présente, la répression des opposants est fermement réprimée et la torture y est pratiquée.

C’est de cette période que l’idée patriotique révolutionnaire va grandir dans la tête des cubains. Fidel Castro en sera le « chef spirituel » et c’est lui qui lancera la révolution, déjà, en 1953 où il sera arrêté après l’attaque d’une caserne militaire. De son procès on retiendra sa phrase devenue légendaire : « L’histoire m’absoudra ». En 1956 il se lance dans une nouvelle expédition, avec son frère Raul, actuel président et l’icône révolutionnaire Che Guevara, qui sera couronnée de succès.
Fidel présent sur tous les murs cubains (photo: jd)
Fidel présent sur tous les murs cubains (photo: jd)

« 20$ par mois »

Depuis cette révolution, Cuba vit au rythme du régime communiste et sous l’embargo américain. Juan*, chauffeur de taxi dans la région de Viñales(les plantations de tabac) n’utilise pas des pincettes pour qualifier son gouvernement. « Nous vivons avec rien, le salaire moyen est de 20$ par mois…Nous devons travailler dur pour nous en sortir. J’ai étudié la biologie et maintenant je suis chauffeur de taxi pour arrondir mes fins de mois. Socialement parlant, notre pays ne s’en sort pas trop mal, par contre économiquement parlant c’est une catastrophe ! Nous sommes obligés de voler alors que nous n’avons rien à voler ». Des mots qui font froids dans le dos, pourtant ceci est la véritable réalité du système communiste.
Une image qui illustre bien la pauvreté cubaine (photo: jd)
Une image qui illustre bien la pauvreté cubaine (photo: jd)

« On profite de la vie »

Pourtant le peuple cubain est de loin le plus chaleureux que FOOTBALL INTEGRAL a eu l’occasion de rencontrer durant son périple sud-américain. Un univers festif, de la musique dans la rue, des femmes âgées criant des « mi amor » ou « mi vida » à tout va (mon amour, ma vie) et des câlins vous attendent à chaque coin de rue. Carlos*, jeune homme de La Havane, nous explique avec ses mots le bonheur d’être cubain : « La vie n’est pas facile ici, on le sait tous. Nous ne sommes pas comme vous les européens à nous plaindre d’un oui ou d’un non. On s’amuse, on danse, on profite de la vie et… des femmes comme si c’était le dernier jour ». Il continue sa conversation au creux de notre oreille : « Tu sais ici, la règle c’est sept femmes pour un homme » conclut-il dans un éclat de rire qui fait chaud au cœur.
Une image résumant bien la vie cubaine, la Lada, voiture de l'ex Allemagne de l'est et de vieux immeubles (photo: jd)
Une image résumant bien la vie cubaine, la Lada, voiture de l'ex Allemagne de l'est et de vieux immeubles (photo: jd)

« Pour 2000 euros par mois je peux m'habituer au froid »

L’autre réalité la plus sombre, de notre point de vue, réside dans le « travail » des « Jineteros » et « Jineteras ». Ce sont les Cubains au service des touristes, cela peut aller du rabattage pour un hôtel ou une excursion touristique au… mariage. Le témoignage le plus frappant et le plus touchant , c'est ce jeune homme d’à peine 20 ans bien bâti au visage poupin, rencontré au coin d’un bar de Cienfuegos. « Chaque soir on est là dans ce bar, à attendre les européenes, à les draguer, les faire danser, les embrasser et plus si affinités ». Allons dans le vif du sujet. « Oui je cherche à partir de ce pays de merde, il n’y a pas d’avenir ici. J’ai fait des études de médecine et je gagne 20$ par mois, tu trouves cela normal toi ? ».

La conversation continue sous les rythmes de Buena Vista Social Club et les verres de rhum qui se descendent cul sec par les touristes. Jorge*, avec son regard plein de désespoir : « Je suis tous les soirs ici, non pas pour coucher avec elle, mais je cherche à me marier avec une européene et obtenir les papiers pour m’en aller loin, très loin d'ici. D’ailleurs, une Norvégienne que j’ai rencontré fait tout pour que je vienne la voir dans son pays ». On lui fait remarquer qu’il fait froid en Norvège : « Tu sais pour 2000 euros par mois je suis prêt à m’habituer au froid ou à n’importe quelle condition climatique ». Edifiant!
Le "Che" figure emblématique de la révolution aurait-il voulu que la révolution tourne aussi mal? (photo: jd)
Le "Che" figure emblématique de la révolution aurait-il voulu que la révolution tourne aussi mal? (photo: jd)

Football ? Non ! Baseball !

Comme notre site parle de football avant tout, revenons quelque peu au monde du ballon rond qui est censé raviver la flamme dans le cœur des fans, normalement. A certains coins de rue, des enfants tentent de jouer au football avec un vulgaire chiffon enroulé qui fait office de ballon… A Cuba, tout est différent. Le football n’existe que très peu et n’est pas aussi populaire que dans les autres pays.

Fernando*, philatéliste, rencontré dans un parc de Trinidad, nous explique pourquoi. « Le football ici c’est très rare que l’on en parle, le baseball est le sport roi, même Fidel, de son temps, le pratiquait. Les plus beaux stades sont réservés au baseball. La télévision ne retransmet que du baseball. Normal, les cubains sont les meilleurs dans ce sport » conclut Fernando* avec un sourire malicieux.
Unis pour un socialisme prospère... Où est la prospérité dorénavant? (photo: jd)
Unis pour un socialisme prospère... Où est la prospérité dorénavant? (photo: jd)

« Le football cubain c’est nul » Fred fan de football

Fred*, rencontré lors de l’ultime soirée cubaine, avait tout du fan de football, le maillot du Real Madrid et les cuissettes de l’équipe d’Espagne. « Oui je suis un grand fan de football. J’adore le Real de Cristiano Ronaldo et Iker Casillas, ils ont trop la classe. Mais j’aime bien aussi l’équipe d’Espagne, c'est les champions du monde. Et le football à Cuba ? Heu… Oui on a un championnat entre les provinces, mais je ne pourrais pas te dire qui a gagné l’année passée. Peut-être La Havane, c’est les plus riches! Le football cubain ne nous intéresse pas, il est nul. Je préfère voir le championnat espagnol qui passe à la télévision ». Le gamin a bien résumé l’état du football cubain.
L'entrée du stade Pedro-Marrero, un brin original (photo: jd)
L'entrée du stade Pedro-Marrero, un brin original (photo: jd)

Un stade vétuste

FI a tout de même voulu en savoir plus sur le football cubain. On a visité le plus grand stade de football de Cuba, où joue l’équipe nationale, il se trouve à La Havane et se nomme Pedro-Marrero. Autant vous dire, que visiter un stade dans un système politique communiste avec un appareil photo est mission impossible. Pourtant, FI a osé, se donnant même la peine de prendre quelques clichés en principe interdits. A ce propos, ils nous ont valu un sérieux blâme de la part des responsables du stade. Cependant, la visite du stade en valait la peine. A voire la vétusté de celui-ci; changement du score manuel, pelouse en mauvais état, piste d’athlétisme à déconseiller aux articulations fragiles, on vous epargnera le compte-rendu sur l'état des gradins… Vraiment, à Cuba, il vaut mieux être joueur de baseball que joueur de football!

*Prénoms d'emprunt
La piste d'athlétisme, la pelouse et les gradins sont dans un étât pathétique (photo: jd)
La piste d'athlétisme, la pelouse et les gradins sont dans un étât pathétique (photo: jd)

De La Havane,


     

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Dimanche 22 Octobre - 13:44

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