FOOTBALL INTéGRAL - Le football avec du coeur
Facebook
Twitter
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image
Les vestiaires fribourgeois
Jeudi 26 Septembre 2013

Le football fribourgeois, par Bernard Carrel


Afin de développer son travail sur le Canton de Fribourg, FI est allé à la rencontre Bernard Carrel, personnage de choix dans le milieu du football local, national et même européen. En effet, le Prix sportif de l'Etat de Fribourg 2009 a passé un tiers de siècle au sein de l'Association Fribourgeoise de Football qu'il a vu, ou plutôt fait évoluer avec un engagement sincère. Historique et état des lieux du ballon fribourgeois.


Découvrir ce qu'il y a sous nos pieds. Le football international, souvent porté par les médias comme seul plat comestible, se laisse pour sûr savourer sans modération. Il n'empêche que la vision, aussi apatride soit-elle, passe par la connaissance de soi. Pour cette saison 2013/2014, FI et son équipe majoritairement fribourgeoise s'apprêtent à passer le sport régional sous sa loupe, convaincues que son potentiel ne s'arrête pas à un accent ou à un résultat.

Pour le comprendre en profondeur, notre équipe a rencontré Bernard Carrel dans le spacieux bar du Quai, sur Pérolles. Là-bas, un café a suffi pour démarrer une conversation d'histoires, d'anecdotes et de passion menée avec brio par notre interlocuteur qui, durant sa riche carrière dans l'administration du football, ne s'est jamais contenté d'être, mais qui a agi. Et même beaucoup.

Bernard Carrel, un homme de passion et d'esprit.
Bernard Carrel, un homme de passion et d'esprit.
1968-2001. En 33 ans au sein de l'Association Fribourgeoise de Football (AFF), dont 23 en tant que président (activité qu'il considère d'ailleurs comme "la plus gratifiante de sa carrière"), Bernard Carrel en a vu, des choses. Mais c'est qu'il n'a jamais fait uniquement acte de présence. Le conservatisme, très peu pour lui : "Chaque année, j'essayais d'instaurer deux nouveautés sur la plan administratif et deux autres sur le plan sportif", lance t-il.

Parmi ses faits d'arme, Bernard a notamment revu toute l'organisation des championnats juniors (C-D-E-F) dans les années 60-70, créé le très populaire championnat des Vétérans, mis en place le système actuel des finales de promotion de 2ème et 3ème ligue, s'est battu contre la disparition des résultats du foot régional dans les pages de "La Liberté", fondé le Centre de Formation Cantonal (en 1996, une première en Suisse) et généré tant d'autres réformes, idées, évolutions, améliorations... 

"J'avais les idées, j'avais la conviction, et j'ai toujours travaillé avec le coeur". Bernard Carrel

"Malheureusement, tous n'avaient pas ma vision, disons énergique, des choses. J'ai beaucoup souffert de la jalousie, des responsables d'instance qui me mettaient des bâtons dans les roues, qui ne supportaient pas ma tendance à aller toujours de l'avant". Bernard le dit avec émotion; si son parcours est un succès, il n'a pas été aisé pour autant : "J'avais les idées, j'avais la conviction, et j'ai toujours travaillé avec le coeur, sans aucun plan de carrière. Ce que je faisais, je le faisais pour le football, pour qu'il avance." Bernard Carrel a même exercé au sein de la commission junior de l'UEFA, avec qui il continue de collaborer régulièrement. Une fonction qui lui a permis de voyager dans plus de 40 pays d'Europe.

Et le football fribourgeois, alors ? "La société évolue, et le football fait partie plus que n'importe quel autre sport de la société. Si le ballon rond reste le sport le plus populaire, le plus accessible et le plus simple, les autres, encouragés par la mondialisation, se sont magistralement développés dans le Canton et en Suisse ces dernières années. Dans les années 60-80, le football fédérait et rassemblait des milliers de personnes chaque week-end au bord des terrains. Aujourd'hui, notre société des loisirs tend à édulcorer la puissance du football, diluée par la presse et la variation des intérêts."

La question qui se pose à l'heure actuelle est bien simple; que doit faire le football pour rester le sport roi ? Pour Bernard Carrel, il faut d'abord mettre l'accent sur la notion du plaisir : "Des événements comme le Mémorial Sekulic nous prouvent que le football des enfants et le football junior ont un pouvoir de rassemblement formidable. Toutefois, nos jeunes se lassent plus vite des efforts. Ainsi, la compétition n'est pas une solution, elle qui favorise la longévité du travail et l'investissement de grande intensité".

 "Je ne compte pas les fois où, suite à un comportement inapproprié, j'ai dû prendre le micro lors de tournois junior pour calmer l'atmosphère tempêtueuse sur les terrains." Bernard Carrel

Une philosophie du plaisir et de l'évitement de la frustration qui, visiblement, n'est pas partagé par tous : "A l'époque où je faisais partie de la cellule "Junior" de l'Association suisse de football (ndlr: dont il a fait partie durant 14 ans), nous avions proposé de supprimer les classements pour les plus jeunes catégories d'âge. La réception fut fracassante, on était pas loin de la révolte. L'idée fut très vite abandonnée. Cependant, c'est cette mentalité de mise en évidence des forces et des faiblesses qui fait revenir nos jeunes sur leur envie de jouer au football. "

Moins soutenu par la presse que par le passé, la mission de l'AFF de maintenir cette flamme pour le football n'est pas des plus simples, même si, à l'heure actuelle, le nombre de licenciés est plutôt stable. Selon Bernard, l'instance fribourgeoise doit également se montrer présente pour défendre des valeurs, et non pas uniquement pour assurer une structure administrativement cohérente : "Alors président de l'AFF, je ne compte pas les fois où, suite à un comportement inapproprié, j'ai dû prendre le micro lors de tournois junior pour calmer l'atmosphère tempêtueuse sur les terrains. Il est vrai que les parents sont souvent véhéments, mais lorsqu'il s'agissait d'entraîneur, là, je ne pouvais pas laisser passer !".

Engagé pour la compétition constructrice, Bernard l'était jusqu'au bout... de la semaine : "En tant que président, je me rendais chaque week-end voir quatre à six rencontres afin de me régaler de football, mais aussi pour saluer, serrer des mains... Cela n'a rien de politique, il s'agit simplement de valoriser les travailleurs du football, pour la plupart des bénévoles, qui ont légitiment besoin de reconnaissance et d'encouragement."

La Gruyère, édition du 19 mai 2011.
La Gruyère, édition du 19 mai 2011.
A l'heure où les meilleurs clubs du Canton (Fribourg, Bulle et Guin) stationnent en Première Ligue Classic, parler de plaisir et de pédagogie peut paraître en décalage avec les améliorations de performance qui aideraient indéniablement le football fribourgeois à accroître sa popularité. Là aussi, Bernard Carrel a son mot à dire : "Afin de donner la possibilité à ceux qui souhaitent faire du football un apprentissage de l'exigence et du sport d'élite, nous avons créé le Centre de Formation de Fribourg (ndlr : aujourd'hui le "Team Fribourg AFF", et sa filière allant jusqu'au M20).

"Le but  était également d'introniser des contacts entre cette cellule d'élite et les clubs de Première Ligue qui pourraient alors se fournir en joueurs bien formés, qui plus est de la région, à mêmes de tenir le rythme de cette division". Si le système se veut efficace (voir le nombre de Fribourgeois formés par le Centre de Formation évoluant dans ces trois clubs), la formation fribourgeoise a toutefois ses limites : "Il est bien évident qu'atteindre la Challenge League, ce qui faisait figure d'objectif il y a quelques temps, demande des exigences financières, administratives et sportives dont nos clubs sont loin d'avoir".

A ce fameux club dans l'élite que le football fribourgeois n'a pas, Bernard Carrel y repense douloureusement. "Il y a deux ans de cela, nous avions l'envie et la possibilité de solidifier un club régional et d'en faire, peu à peu, un bastion du foot fribourgeois capable d'évoluer en Ligue Nationale. Les investisseurs se profilaient, les idées se développaient." Et puis, la Première Ligue Promotion, groupe transitoire entre la Première Ligue Classic et la Challenge League, est survenue, prolongeant encore un peu plus la distance de l'objectif, le rendant au jour d'aujourd'hui quasiment inaccessible. Le pire dans tout cela, c'est que l'arrivée de celle nouvelle ligue s'est effectuée... avec l'accord des représentants fribourgeois.

"La veille de l'assemblée, les délégués fribourgeois m'avaient tous confirmé qu'ils allaient voter "Non." Bernard Carrel

Cette votation, qui s'est déroulée à Berne en mai 2011 et qui soumettait donc la proposition de l'Association suisse du football, a causer bien des affres à Bernard Carrel. "La veille de l'assemblée, les délégués fribourgeois m'avaient tous confirmé qu'ils allaient voter "Non". Lors de la séance, étant assis au deuxième rang, je ne me suis pas retourné pour les voir voter, leur faisant confiance. C'est alors que je suis tombé des nues quand j'ai appris l'entrée en vigueur de la nouvelle ligue, avec l'accord de tous les délégués de l'AFF en prime !". Si Bernard Carrel nous fait comprendre que ces derniers ont probablement subi des pressions de le part de l'ASF, il nous avoue aussi que, la nuit d'après, il n'a pas fermé l'oeil. Sans surprise, le projet de ce club professionnel fribourgeois s'est évaporé en même temps que les tous investisseurs, de temps ou d'argent, qui se voyaient découragés par la nouvelle structure.

Si elle fut grande, cette déception ne fut pas le seul moment négatif de sa carrière. Vaillamment, Bernard Carrel a résisté à toutes les pressions, essuyé bien des tempêtes et a mené ses travaux avec idéologie et détermination pendant 42 ans. Son secret de longévité ? Une bonne hygiène de vie. "Quand mes collègues se rendaient au bistrot après le travail, moi, je rentrais, et, chaque soir, m'endormais au alentour de 22h00. J'ai toujours été un travailleur, sans prétention aucune."

Mais Bernard Carrel sait aussi se détendre. Alors qu'il était en voyage pour l'UEFA et que, lors d'un match de qualification pour l'Euro 2004, il passait à côté du vestiaire de l'équipe de la Republique Tchèque, il en profitait pour chicaner Peter Czech : "Eh toi, tu joues pour Liverpool, non ?" Ce dernier, scandalisé, rectifie promptement : "Non, Chelsea !". Le sourire du Fribourgeois lui fait ensuite comprendre qu'il blaguait. Et si le sérieux mélangé à l'humour serait l'attitude qui collerait le mieux au football fribourgeois ?

NDLR : Bernard Carrel collabore avec FOOTBALL INTEGRAL pour l'établissement de son concours "Connaissez-vous le sport fribourgeois ?", bientôt dévoilé. 

Robin Fasel

     

Commentaires

1.Posté par Nad CRAUSAZ le 08/09/2013 16:20
Exellent président et très bon camarade. Pourquoi pas parrain de Foot Intégral Association ??

Nouveau commentaire :

Dans la même rubrique :
< >

Mardi 29 Octobre 2013 - 09:00 Joyeux anniversaire, Branislav Sekulic !

Jeudi 29 Août 2013 - 15:59 De la balle à la boule




FOOTBALL INTEGRAL : Football Intégral - Infos du jour est sorti de presse! https://t.co/pzZ3Ti8ktq
Dimanche 22 Octobre - 13:44

AROUND THE GAME

DSCF3508
DSCF7864
8
DSC_0671
hann9
5
200
DSCF3452
DSCF9585
fanhaus
DSCF9521
DSCF7917
DSC_0529
hann23
217
DSCF6763
DSCF9176
hann5
DSCF0763
DSC_0454
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image
 
Facebook
Twitter
Rss
Mobile
Hebergeur d'image
Hebergeur d'image