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Au coeur de l'Amérique latine
Mercredi 17 Juillet 2013

Les frères ennemis


FI continue son voyage dans ce si beau continent qu’est l’Amérique du sud. La vie y est trépidante, la musique dans la rue ne s’arrête jamais, les pas de danses improvisés sont légions, les klaxons incessants et les sifflements sonores des « chicos », un moyen infaillible pour interpeller une jolie fille, sont incessants. Mais, du Detroit de Magellan au Canal de Panama en passant par les plages de Rio, tout ce petit monde s’arrête, il y a match, LE match, LE Superclasico : Boca Juniors affronte River Plate.


Une maison colorée signe distinctif du quartier de la Boca (photo: FI)
Une maison colorée signe distinctif du quartier de la Boca (photo: FI)
Début du 20ème siècle, Buenos Aires. Ville portuaire et capitale d’Argentine, un quartier populaire se détache, la Boca. En 1901, le Club Athlético River Plate (surnommé El Millionario) y voit le jour. Quatre ans plus tard cinq immigrés italiens font de même et crée l’équipe dénommée Club Athlético Boca Juniors. Ces deux clubs naissent dans le fameux quartier de la Boca. Ils avaient tout pour devenir partenaires, l’histoire en a voulu autrement et se retrouveront frères ennemis.

Diego Maradona peint sur les murs du quartier de la Boca (photo: FI)
Diego Maradona peint sur les murs du quartier de la Boca (photo: FI)
« C’est comme coucher avec Julia Roberts »

Il y a dans le football et son histoire des centaines de classique. Le plus suivi ces dernières années est le « classico » Real-Barça. Mais il y a aussi le derby AC Milan-Inter ou encore celui des Manchester. Mais, quand on évoque le duel River Plate - Boca Juniors, il y quelque chose de mystique et de surréaliste. Ce n’est pas qu’une ville, une région un pays qui parlent de ce match, c’est tout un continent qui se sent concerné par l’enjeu de la partie. Les échos du derby s’en vont jusqu’en Europe, où même là il est férocement suivi. Non, le niveau footballistique ne vaut pas un Barca-Real, mais l’ambiance, les à-côtés, les supporters chauds comme la braise et la rivalité des deux équipes dépassent largement tous les autres derbys. Un jour Diego Armando Maradona déclarait « J’ai joué plusieurs Barcelona-Real Madrid, qui est une partie très importante, mais Boca-River se distingue de tous. C’est comme coucher avec Julia Roberts, tu le vis de manière très spéciale ». Un bel hommage à … l’actrice.

« Gagner contre Boca me rend plus heureux que gagner le championnat »
 
En évoquant River Plate, Christian, argentin et hincha (fan) de River Plate, on mesure plus l’engouement que représente ce match auprès du public. « Si au début de la saison, on me demande entre gagner le championnat ou sortir vainqueur de nos parties contre Boca, je signe pour nos victoires contre l’ennemi. Oui bien sûr le championnat me rendrait heureux, mais si on a perdu nos matches contre Boca durant la saison on n’aurait pas la même allégresse. C’est facile à comprendre non ? ». Non pas si facile que cela…Surtout que Christian habite à Mar del Plata, 400 km au sud de Buenos Aires. Lui, logiquement, ne serait pas très concerné par le duel, détrompez-vous. « Mon père est fan de River, depuis tout petit je vis au rythme des matchs de River ». Et si un jour il serait revenu en se disant fan de Boca ? « Non, cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit ». On comprend petit à petit la rivalité et l’engouement autour de ce match.

L´entrée du stade mythique de Boca Juniors (photo: FI)
L´entrée du stade mythique de Boca Juniors (photo: FI)
« Le football, ici en Argentine, soit tu es River soit Boca »

Lors d’une discussion à Ushuaia, une ville situé à 4000 km de Buenos aires, cité la plus australe du monde, un « hincha » de Boca parle avec ferveur avec ce brin d’arrogance qui fait le charme argentin de « son » club. « Nous sommes les meilleurs. River c’est le quartier riche de la capitale, cette équipe a tout pour elle et ne gagne jamais rien (quand même 33 championnats, ce n’est pas vraiment rien). On est du quartier populaire on se bat avec nos armes. Si je viens d’Ushuaia ? Oui, mais ici en Argentine, le football c’est soit Boca, soit River. C’est la première question que tu poses lors d’une rencontre » explique-t-il debout avec le poing sur le cœur.

Maradona sous le maillot de Boca
Maradona sous le maillot de Boca
« Les meilleurs c’est vous, les fans de Boca »

Les deux équipes ont vu passés dans leurs rangs des joueurs hors normes, des stars, des joueurs étoiles, certains des meilleurs joueurs de tous les temps. Du côté du Boca s´il faut en citer un, c’est bien sûr Diego Maradona qui y est passé à deux reprises. La première fois lors de la saison 1981-1982. Son passage lui a servi de tremplin. Il a marqué la bagatelle de 28 buts en 40 matchs… Une saison aura suffi pour l’argentin d’avoir une place dans le cœur de chaque fan du club pour l’éternité. « El pibe » a été désigné meilleur joueur de tous les temps du club. Il déclarait à l’issue du vote : « Je suis très fier d’avoir été élu. Mais, les meilleurs c’est vous, les fans. Que cela soit bien clair nous, les joueurs, savons ce que veut dire passion, mais ici à la Bombonera, la passion de vous, supporters n’a de pareil nulle part dans le monde ». On comprend pourquoi la star est tant appréciée par les fans de Boca.

Enzo Francescoli (photo: taringa.net)
Enzo Francescoli (photo: taringa.net)
Francescoli le meilleur

Du côté de River, on n’est pas en reste. Une pléthore de joueurs vedettes sont passés par le club « Millionarios ». Il faut parler du « meilleur » selon Cristian. Il s’agit de Enzo Francescoli qui est sorti premier du sondage, qui a été le meilleur joueur de River. L’Uruguayen était l’idole de Zinedine Zidane, ce n’est pas pour rien que le fils du fantasque numéro 10 français s’appelle…Enzo. Francescoli c’est un palmarès impressionnant : 237 parties, 136 buts (dont 5 contre Boca, statistique ultra importante), 5 championnats, 1 Copa Libertadores. Cristian l’idolâtre : « J’étais très triste quand il a décidé d’arrêter sa carrière. Sous le maillot de River, il s’était montré sous son meilleur jour... En Europe, il a réalisé une carrière honnête, mais quand il jouait dans notre stade du Monumental, il était comme porté par l’esprit du stade. C’est l’effet du maillot de River » conte le jeune homme complètement hilare.

« La Bombonera est moche, il lui manque un gradin »
 
Une petite rivalité s’est aussi formée concernant le stade des deux équipes. Les fans pourraient inventer n’importe quoi pour critiquer le club adverse. Par exemple, Cristian trouve « horrible et moche » le stade de Boca. C’est vrai qu’il est construit de façon différente mais cela fait son charme. Il n’est pas d’accord, surprenant ? « On dirait qu’il lui manque un gradin et le service d’accueil est à ch…. Notre stade l’Estadio Monumental est le plus grand, c’est ici que joue la sélection. D’ailleurs c’est chez nous que l’Argentine est devenue championne du monde en 1978 ».
 
Pour Juan, notre fan un brin arrogant de Boca trouve que la Bombonera a un « côté mystique ». Il a été construit dans les années 30 et depuis il n’a pas subi beaucoup de changement. « Dans ce stade il s’est passé tellement d’événements, continue l’argentin. La Bombonera est chargée d’histoires, d’anecdotes, de parties historiques, d’une ambiance hors du commun et de victoires plus belles les unes que les autres » conclut Juan les yeux humides d’émotion avant de retourner à la cuisson de sa pizza, plat national argentin.
Estadio Monumental
Estadio Monumental

Et alors le meilleur c’est qui ?

Durant l’écriture de cet article, FI s’est mis à la recherche de quelqu’un de neutre qui pourrait répondre à cette question. Les réponses divergent et parlent en la faveur des deux équipes selon la personne ou si l’on parle de coupe continentale ou du championnat. Comme les fans disent toujours que le plus important est le match entre les deux équipes, regardons les statistiques entre les deux clubs.
 
Au niveau des parties gagnées : avantage Boca. Il y a eu 342 parties toutes compétitions confondues (parties amicales incluses) entres les deux frères ennemis (les chiffres divergent). Boca en a gagné 126 contre 107 pour River et 109 nul. River a marqué 417 buts et en a encaissé 461. Si l’on prend ces statistiques : avantage Boca. Maintenant un fan des « Millionarios » dira que son équipe a gagné plus de trophées. On terminera par une phrase bien footballistique « un partout, balle au centre ».

Et vous ? Vous êtes plutôt Boca ou River ?
Alors Boca ou River?
Alors Boca ou River?


     

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