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FI était en tribune
Samedi 10 Août 2013

On était à Old Trafford pour le Rio Ferdinand Testimonial


Hier soir, après une tournée en Asie comme à son habitude, Manchester United retrouvait son Théâtre des Rêves pour la première fois de l'exercice 2013/2014. Sans Rooney (dont l'avenir à Manchester vacille) et son serial-killer Van Persie, les Diables Rouges affrontaient Seville dans une ambiance cérémonieuse : Rio Ferdinand fêtait ses 15 ans de vie mancunienne. Et comme on y était, on vous raconte.


Après 15 ans, Rio répond encore. (Photo : FI)
Après 15 ans, Rio répond encore. (Photo : FI)
Le temps passe et l'été anglais retrouve ses séculaires dispositions météorologiques. Après des températures inhabituellement hautes enregistrées durant la première partie de l'été, hier soir, il n'a pas plu à Manchester, mais le ciel gris et la fraîcheur étaient de la partie. « Depuis la place du centre ville qu'on appelle Picadilly, prendre la ligne Altrincham », nous lâche un membre du service des transports à la liquette soleil et aux crins nuageux. Ainsi, le tram nous dépose au stop Old Trafford et de ce dernier se déverse un flux contrôlé (nous sommes à deux heures du kick-off) d'hommes en blanc ou, pour la plupart, en rouge. 

Le canular du cricket. Pour sûr, les aventuriers-touristes (nombreux hier) qui s'émeuvent à l'idée de franchir le palier de la scène des rêves sont, pour la plupart, connaisseurs ou du moins amateurs de football. Pour ceux-là, pas de place au doute. Pour les autres, le "Emirates Old Trafford", stade de cricket à la taille respectable dominant l'arrêt de tram, a sûrement dû causer quelques sueurs froides aux attentes mal avisées. Heureusement, une fois l'oasis fondu, les tiges blanches et métalliques qui surmontent le manteau grisâtre du "vrai" Old Trafford réengagent les coeurs.

Manchester United, une affaire de famille. (Photo : FI)
Manchester United, une affaire de famille. (Photo : FI)
Petit à petit, notre chemin nous mène à la très fameuse "Sir Matt Musby Way", la dernière ligne droite avant les étoiles. A sa gauche, une fumée clairsemée et des odeurs de friture se marient étrangement sur un "background" d'affichettes et de panneaux couleur diable. A sa droite, le "Trafford", bar typique, offre à ses convives un débit de boisson bienvenue, et bien anglais. A l'intérieur, les discussions sont animées. Le premier match de la saison est le celui des retrouvailles des abonnés; on se touche l'épaule, on trempe les lèvres, on badine, on pronostique, on regrette, on espère... Le dernier verbe cité convient au sujet du moment; l'avenir de la superstar anglaise Wayne Rooney qui aurait fermement décidé de faire ses bagages.

« C'est extraordinaire qu'ils (ndlr. FC Seville) viennent jusqu'ici, la communauté espagnole est tellement importante ! Vous allez voir ce qu'est le tiki-tika, vous, les Anglais !  »

Toujours au "Trafford", quelques Sévillains vêtus de maillots d'un blanc discret se racontent : « En Espagne, il n'y pas de travail, pas d'argent. Donc on vient en Angleterre. Liverpool, Manchester, on trouve des boulots chez Primark ou dans des restaurants. C'est pas le soleil d'Espagne, mais c'est mieux que le chômage.  ». Puis, ils se réjouissent : « Je suis un grand fan du Seville, donc un ennemi du Betis ! J'ai tous les maillots depuis une dizaine d'année. C'est extraordinaire qu'ils viennent jusqu'ici, la communauté espagnole est tellement importante ! Vous allez voir ce qu'est le tiki-tika, vous, les Anglais !  ». La marrée de rire suit le témoignage croustillant, peut-être bien généré par les vagues de mousse...

T'en bois une ? (Photo : FI)
T'en bois une ? (Photo : FI)
Une fois sortie du baraquement, la foule se veut plus dense et la colonne humaine semble dévorée par le monstrueux Théâtre des Rêves avide de se remplir le ventre après quelques semaines de jeûne. Au centre de la rue, un quarantenaire s'agite écharpes en mains : "Testimonial scarf, 5 pounds !". Tiens, essayons d'en marchander une à quatre. "Fuck off, you !". Compris. A ses côtés, des stands débordants d'artefacts complètement inutiles nous offrent une vision relativement précise de l'histoire du club : Bobby Charlton, Georges Best, Eric Cantona, David Beckham, Paul Scholes, Ryan Giggs... Ces derniers sont reproduits sur une lignée impressionnante de différents supports : posters, affiches, porte clés, écharpes, maillots, t-shirts... A en faire rougir la Tour Eiffel.

Sur la place du stade, l'accessibilité des billets, match amical oblige, se matérialise en une multicultularité non habituelle. "There are a lot of tourists !", s'exclame une blondinette au sourire pimpant. Etudiants au sac alourdi, Français de passage, locaux, Asiatique aux souffles coupés; cette représentation quasi-exhaustive de la société moderne se rassemble autour d'une distincte similitude : les clic clics des appareils photos visant l'extérieur du stade ou les nombreuses allusions à la culture du club (status, mémoriaux...).

Bon. 30 minutes avant le coup d'envoi; l'heure d'investir la légende. Les chargés de sécurité nous font passer par une anorexique issue, puis, c'est le bonheur. Bien que le troisième étage du "Sir Alex Ferguson Stand" (c'est depuis cette saison que les nombreux hommages à l'Ecossais prendront tout leur sens) n'est pas utilisé, le reste du stade semble plein, et plein d'énergie. Une belle soirée qui s'annonce.

Tiens, une légende. (Photo : FI)
Tiens, une légende. (Photo : FI)
Nos places, situées à trois rangées des espaces des deux équipes, nous offrent un panorama fantastique sur l'objet mythologique qu'est Old Trafford. Sur le terrain, les remplaçants, dont Ryan Giggs pour MU, s'amusent à un taureau en tentant d'éviter dans le même temps les jets d'arrosage émanant promptement de la pelouse taillée comme un golf. Un peu plus tard, un "show" de "freestyler" donne un peu de pain à la plèbe qui, 10 minutes avant le début de la partie, semble impatiente de voir débarquer ses héros. Soudainement, les discussions se désarticulent et les regards se figent; les 22 protagonistes précédant le trio arbitral débarquent. Un superbe "tifo" à l'hommage de Rio Ferdinand se dresse alors dans la tribune d'en face. Etayé par les cris et les applaudissements, le plan est effrayant. Après une remise à ce dernier d'une sorte de trophée de fidélité, la rencontre peut enfin débuter.

Le bloc rouge et le "Stretford End" chantant "United" donnent de magnifiques impressions.

Au fil du rythme saccadé de la partie et des gestes et positions relativement hasardeuses des joueurs mancuniens, on comprend alors que le meilleur est passé. Etonamment, les tribunes ne donnent guère mot si ce n'est pour acclamer son défenseur et capitaine à chaque fois qu'il touche le ballon. Dans les rangs rouges, on veut bien essayer, mais la vitesse et la détermination espagnole est tranchante; sur deux contre-attaques, la défense locale se fait aisément devancer : 2-0 après 25 minutes. Lors d'une deuxième mi-temps plus convaincante côté mancunien (notamment grâce aux entrées de Phil Jones, Ryan Giggs et de la nouvelle recrue Wilfried Zaha), Luis Antonio Valencia réduit rageusement le score sur un excellent travail du jeune et prometteur belge Adnan Januzaj. Pourtant, les traits de David Moyes s'assombrissent à la 91ème, quand Rabello crucifie De Gea (score final, 3-1 pour Seville).

Avec deux victoires seulement en sept matchs de préparation, l'ère post-Ferguson risque-t-elle de se faire longuement sentir ? Laissons un peu de temps à cette machine à gagner qu'est Manchester United de faire le deuil de son iconique entraîneur. Après tout, après 23 ans, une période de transition est inévitable. Et puis, l'expérience Old Trafford en est une, et il faut la vivre. Le bloc rouge et le Stretford End chantant United donnent de magnifiques impressions. Même si la passion tend à s'éclipser derrière sa dimension internationale et l'usure de la victoire, Manchester United, c'est le football-show par excellence. Et ce malgré les gouttes de pluie qui s'invitèrent sur le chemin, rêveur, du retour.


Robin Fasel

     

Commentaires

1.Posté par oumar le 10/08/2013 17:51 (depuis mobile)

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