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Lundi 30 Décembre 2013

Portrait-robot du footballeur en or


Ballon d'Or 2013. La récompense ultime du footballeur va livrer son verdict dans quelques jours, à Zurich. L'occasion pour les pontes de la FIFA, comme pour les joueurs nominés d'ailleurs, de sortir leur costard cireux, et de siroter l'instant pétillant, celui d'être sur le toit du monde. Mais derrière cette mascarade cérémonieuse sans aucune pertinence sportive se cache une vraie thématique : l'évolution du footballeur-héros durant ces 10 dernières années. Portrait-robot.


Ronaldo défiant une Bugatti pour une pub, renforçant le culte de la vitesse dans le football moderne.
Ronaldo défiant une Bugatti pour une pub, renforçant le culte de la vitesse dans le football moderne.
Le ballon de la discorde. Ils sont malins, ils sont connus, ils sont partout, les jurys du Ballon d'Or. Journalistes, consultants, anciens champions, administrateurs; ils débattent, dur. Oui, parce que Ribery le mérite, son palmarès l'atteste. Non, parce que Ronaldo a marqué pour son pays, lui. Mais encore, Messi reste un génie, le meilleur intrinsèquement parlant. Car le football est finalement qu'une question d'appréciation, le Ballon d'Or continue à scinder, faute d'établir des critères purement objectifs et d'utiliser un jury parfaitement neutre.

A l'époque, Paulo Bento, alors sélectionneur du Portugal, avait fait part de son avis critique sur la chose « Déjà, je trouve stupide que les sélectionneurs doivent voter pour élire le meilleur joueur du monde. Et encore moins si l'on peut choisir une personne de son équipe. Et puis tout ceci devrait rester anonyme. On parle d'une élection quand même. » A l'inverse, par exemple, d'un jury de boxe, celui du Ballon d'Or n'est en aucun cas composé de spécialistes, de statisticiens se basant sur les mêmes critères, délivrant un avis fondé. Le Ballon d'Or s'apparenterait alors plutôt à une balle de volley, tapée par les uns, renvoyée par les autres, léger et voltigeur, qui ne fait que survoler la réalité du terrain pour tomber sur le footballeur le plus aimantant du moment.

Mais ne nous éparpillons pas. Après tout, comment la société de l'individu ne pourrait-elle pas primer individuellement ? Ce qui intéresse, avec le Ballon d'Or, c'est la liste de ses gagnants. Au menu depuis 1997, Mesdames et Messieurs : Ronaldo, Zidane, Rivaldo, Figo, Owen, Ronaldo (à nouveau), Nedved, Schevchenko, Ronaldinho, Cannavaro. A part ce dernier pour les cotas défenseurs-attaquants et Nedved pour les cheveux, les autres vainqueurs ont la particularité d'être des vrais numéros 9, ou bien des vrais numéros 10. A cette époque, la chanson du rappeur Booba faisait vraiment sens.

La triste vérité, c'est pourtant bien que l'attaquant-tueur et le génie-technique-numéro-10 sont en voie de disparition.

L'ère de la vitesse. Et puis, en dix ans, le football a évolué, beaucoup évolué. Et pas que dans les salaires ou sous les capots des voitures. Sur le terrain, aussi. D'ailleurs, depuis 2007, le Ballon d'Or, partagé entre Kaka, Messi et Ronaldo, ne répond qu'à des joueurs de couloir (du moins, de formation, ces derniers occupant désormais à peu près tous les postes en même temps). Que faire, si ce n'est mettre la faute sur le destin et dénoncer les choix hasardeux du talent. La triste vérité, c'est pourtant bien que l'attaquant-tueur et le génie-technique-numéro-10 sont en voie de disparition.

Jouer avec Torres ou sans attaquant. Quelle est la différence, au fond ?
Jouer avec Torres ou sans attaquant. Quelle est la différence, au fond ?
Si on recense encore bon nombre de survivants (l'exception du chien fou Suarez, le magicien Ozil, le tueur au regard froid Müller ou encore l'arme secrète polonaise Lewandowski), force est de constater que ces joueurs ne sont plus, Suarez et Lewandowski non compris, les most wanted. Par exemple, le Real Madrid s'évertue chaque année à renforcer ardemment son milieu de terrain, n'hésitant pas à faire exploser la tirelire du Roi pour s'approprier un Gallois dont le profil double et redouble son effectif. En pointe, par contre, Benzema et... Benzema. 

Et puis, l'Espagne de l'Euro 2012 a renforcé cette tendance, préférant carrément jouer avec un milieu en plus et donc sans attaquant du tout. Imaginez-vous 10 ans plutôt, l'idée n'aurait même pas pu traverser l'esprit du plus excentrique des tacticiens. Le tueur serait-il en train de se faire tuer ? C'est Inzaghi qui doit en faire des sauts au plafond. 

Le fantasme de la vitesse. Depuis combien de temps fantasmons-nous sur la vitesse des footballeurs ? Quelques années seulement, à vrai dire. En octobre 2013, la FIFA a d'ailleurs publié un classement regroupant les 10 joueurs les plus rapides de la planète, chronométrés la balle au pied. En tête du classement, l'Equatorien Luis Valencia, avec des fulgurances atteignant les 35.5 km/h. Dans ce même classement, nous pouvons retrouver Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Franck Ribery. Pas de hasard, Eden.

"Dans le vestiaire, le respect se mesure au tour de cuisse. Il n'y a que cela." Betrand N'Dzomo

Toujours plus fantasmagorique, la vidéo-buzz venant "prouver" que Pierre-Emmerick Aubameyang, le sprinter du Borussia Dortmund, serait plus rapide qu'Usain Bolt a fait le tour du monde. L'ancien joueur de Saint-Etienne a enregistré un temps de 7 secondes et 30 centièmes pour 30 mètres parcourus. Sur la même distance, la fusée jamaïcaine aurait besoin de 7 secondes et 38 centièmes. Une comparaison bien évidemment ballote, en sachant qu'Aubameyang n'était pas à l'arrêt avant l'enregistrement de ce temps-éclair. Toutefois, le mérite va aux costauds, cela ne fait aucun doute. Ayant notamment passé par le FC Fribourg, le milieu défensif Bertrand N'Dzomo avait autrefois déclaré que "dans le vestiaire, le respect se mesure au tour de cuisse. Il n'y a que cela."

"Attrape moi si tu peux", ce que lui aurait dit Zahia. (Photo : http://cdn2.spiegel.de)
"Attrape moi si tu peux", ce que lui aurait dit Zahia. (Photo : http://cdn2.spiegel.de)
A travers ces chiffonnades, il peut néanmoins y avoir un décalage avec le football samba des années 2000, où les gens s'arrêtaient d'abord sur les crochets, les passements de jambe et autres contrôles orientés avant de saluer la performance athlétique. Une explication à ce phénomène serait les méthodes de travail d'aujourd'hui dans les centres de formation. On connait la limite technique d'un joueur, restreint par son talent. Son potentiel physique est lui par contre illimité. Quitte à faire pousser la machine, autant qu'elle ronronne, tiens.

Mais la cause est également un effet. La baballe circulant toujours plus vite sur le tapis vert, il s'agit donc de s'adapter, fermer les espaces plus rapidement, prendre les couloirs plus rapidement, frapper plus rapidement... Pas étonnant que nos trois nominés sont d'énormes performeurs physiques. Du coup, force est de constater que les lents n'ont plus d'avenir dans le football moderne. Ceux qui traînent un immeuble derrière eux, les Lucho Gonzales, Riquelme, Raï, Cris, sont tous retournés au pays...

Il serait toutefois malvenu de parler football physique sans s'arrêter sur Lionel Messi, le folâtre freluquet, n'apparaissant pas comme un athlète aux yeux du supporter moyen. Et pourtant, la "pulga" est rapide, très rapide. Hormones ou pas, c'est sa vitesse qui lui fait enchaîner ses crochets dévastateurs et ses foulées ultra-courtes qui empêchent l'intervention de l'adversaire. Souvent, les défenseurs se trouvent face au Ballon d'Or 2012 comme devant une partie de Super Mario : on ne sait pas à quel moment passer pour ne pas se faire broyer par les va-et-vient de la machine. Heureusement, le petit argentin garde de la spontanéité dans sa manière de s'amuser avec le cuir, ce qui justement lui donne un avantage par rapport à son rival, Robotnaldo (merci, Monsieur Blatter).

Robotisation ou non, ceux qui s'en sortent le mieux restent ceux capables de jouer bien, même plus vite

Au final, nul besoin d'analyse photovoltaïco-sanguine pour remarquer que le foot se joue de plus en plus avec les muscles. Au grand bonheur des uns et au grand malheur des autres. Si le spectacle ne semble pas souffrir de cette évolution, rapprochant le football toujours plus du hockey-sur-glace et l'éloignant dans le même temps du basket, taper dans le ballon à longueur de journée ne suffit plus pour devenir un champion. Robotisation ou non, ceux qui s'en sortent le mieux restent ceux capables de jouer bien, même plus vite. D'ailleurs, la semaine prochaine, les trois stars du football international s'envoleront à Zurich en sachant qu'en 2013, un coup de génie ne vaut jamais un bon coup de rein. Ribery confirme.


Robin Fasel

     

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