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Sociofoot
Mardi 23 Novembre 2010

Quand le football se politise


2010. Dans notre société consumériste, force est de constater que la ballon rond porte à merveille sa bannière d’opium populaire. Très souvent, les clubs de football incarnent valeurs idéologiques, revendications ethniques ou encore luttes identitaires. Cette semaine, «SocioFoot» vous fait découvrir le FC Sankt Pauli et le SC Corinthians, institutions footballistiques à la dimension politique gigantesque.


Quand le football se politise

Sankt Pauli est un club qui ne ressemble à aucun autre. Basé dans le « Quartier Rouge» de Hambourg, celui de la drogue, de la prostitution, des squats d'artistes et des punks, son histoire et sa culture mérite bien quelques lumières. Fondé en 1910 et promu en Bundesliga cette année, Sankt Pauli a plutôt le cote en Allemagne. Selon le statut du club et le règlement du stade, il se veut une entité sportive antifasciste et antiraciste. Militants libertaires, d'extrême gauche ou laissés-pour-compte de la cité portuaire, tous se retrouvent dans les valeurs défendues par le club à tête de pirate. Concrètement, Le FC St Pauli est connu pour avoir été le premier club allemand à s'être vigoureusement mobilisé contre le racisme, l'extrémisme et le sexisme, tout à une époque où le hooliganisme détenait une certaine notoriété en Allemagne. Par exemple, il bannit par des règles strictes les mauvais comportements des supporteurs. Dès 1963, il devient le tout premier club pro d'outre-Rhin à aligner dans son équipe un footballeur d'Afrique noire, l'attaquant togolais Guy Acolatse.  Puis, en 2002, ce club a même retiré la publicité d'un magazine masculin de l'enceinte du Millerntor-Stadion, car elle était jugée dégradante et humiliante vis-à-vis des femmes. En bref, un club qui fait office de pilonner dans la défense de ce dernières valeurs sociales.


Entre "cocos" et "fachos"

Autre fléau combattu par le FC St Pauli : l’homophobie. Une attitude logique, quand on sait que Cornelius Littmann, président du club depuis 2003 (et qui vient tout juste de quitter ses fonctions) est un homosexuel déclaré. Il avait renouvelé ses critiques envers le comportement de la fédération qui, pour lui, n'agissait pas pour briser ce tabou et inciter à une plus grande tolérance. Cependant la lutte la plus célèbre des fans de ce club hambourgeois reste celle menée contre l'extrême droite. « St-Pauli Fans gegen Rechts ». Les supporteurs du club brun/blanc militent souvent et activement contre le fascisme et le néo-nazisme. Si tout se passe sans fioritures lors des manifestations préparées avec les membres du réseau Fare (Football against racism in Europe), cela ne va pas sans heurts en championnat, comme lors des matches opposant le FC St Pauli aux clubs de l'ex-RDA (notamment Cottbus et Rostock).  Sur ces matches classés à hauts risques, il est malheureusement devenu banal que les plus fanatiques des deux camps tentent d'en découdre pour une troisième mi-temps violentes entre « cocos » et « fachos ». 


Sport Club Corinthians , « pour le peuple, par le peuple »

Statistiquement, le Corinthians est le deuxième club de football brésilien le plus suivi au Brésil (derrière Flamengo). Toujours des stat’s : le club posséderait environ 30 millions de fans revendiqués partout au Brésil. C’est dire la dimension populaire de l’institution. Fondé le 1er septembre 1910 par un groupe d'ouvriers de São Paulo, le but était de se confronter aux clubs plus huppés déjà existants. Le nom de l’équipe, proposé par Joaquim Ambrósio, tient son origine de l'équipe anglaise amateur Corinthians FC, qui remporte six rencontres à São Paulo et Rio de Janeiro au cours d'une tournée dans le pays. La charte du nouveau club proclame que « Corinthians sera l'équipe du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Sportivement, Le club a compté dans ses rangs des joueurs de premier rang comme Sócrates, Rivelino et Garrincha ou plus récemment Ronaldo et Roberto Carlos. Autre atout de poids, il possède un fervent supporter qui n'est autre que Lula, le président du Brésil (pour quelques jours encore). Mais la particularité de ce club réside surtout dans sa position politique en contestant la junte militaire, régime autoritaire et anti-démocratique au Brésil (1964 -1985). En 1982, quatre joueurs du club (Socrates, Wladimir, Zenon et Casagrande) mènent une fronde contre la junte militaire qui dirige le Brésil. Militant pour un Brésil démocratique, ils lanceront un appel aux élections, sous le nom de Democracia Corinthiana.


« Vaincre ou perdre, mais toujours avec la démocratie »

Le Corinthians Democracy (Democracia Corinthiana en portugais) était un mouvement idéologique unique au monde. Il fut un des symboles clés dans la lutte contre la dictature imposée par la junte militaire. Mené par Socrates et Wladimir, ce mouvement contribua à faire la propagande de la démocratie. « En 1964, il y eut le coup d’Etat militiaire. J’avais dix ans et je me souviens avoir vu mon père brûler un livre sur les Bolcheviks. De là est né mon intérêt pour la politique » avoue Socrates. En 1982, les joueurs votèrent et décidèrent d’imprimer, au dos de leurs maillots, une inscription incitant la population à se mobiliser pour les élections du 15 novembre, qui aiderait le Brésil à en finir avec la dictature. Une année plus tard, l’équipe des Corinthians rentre dans le stade du Morumbi avec une immense banderole : « Ganhar ou perder, mas sempre com a Democracia ». En Français : vaincre ou perdre, mais toujours avec la Démocratie. Malgré une énergie considérable dépensée dans leur activisme polique, l’équipe des Corinthians ne sont de loin pas ridicules sur la pelouse. Champions de Sao Paulo en 1982 et 1983, les Timaos ne pouvaient rêver de meilleure vitrine pour accroître l’influence et la notoriété de leur combat. Principal acteur de cette haute lutte d’idée, Socrates, aujourd’hui docteur, n’a toujours pas abandonné le combat. Comme quoi, militer farouchement pour la la liberté démocratique et le joga bonito, c’est possible. Un bien bel équilibre de vie.

Philippe Prieur



     

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