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Au coeur de l'Amérique latine
Jeudi 4 Juillet 2013

Sur les traces d'une légende


Pour continuer son travail sur l'Amérique du Sud, FI s’est lancé sur les pas d’une légende colombienne. Il y a des têtes que l'on ne peut pas oublier, par exemple celle de Carlos Valderrama. Même si c'est surtout sa coiffure qui nous marque, il serait "tirer par les cheveux" de penser qu'elle seule l'a rendu célèbre... La preuve dans ce nouvel article de notre série d'été.


Reconaissable de loin, très loin (photo FI)
Reconaissable de loin, très loin (photo FI)
Quel est le point commun entre le libérateur sud-américain Simon Bolivar, les footballeurs Johan Vonlanthen et Carlos Valderrama ? Il s'agit de la ville côtière de Santa Marta en Colombie. Le premier nommé y est est mort en 1830 alors que les deux autres y sont nés. 
 
Cette dite ville, l'une des plus vieilles villes d'Amérique du Sud, chante la gloire de son idole "El pibe de Oro" (le gamin d’or). Une statue à son effigie se trouve d'ailleurs devant le stade de ses débuts. "C'est l'enfant du pays. Malgré qu'il habite maintenant à Baranquilla (grande ville à 2h de Santa Marta), il revient souvent ici. D'ailleurs, il était là la semaine passée dans le quartier de son enfance Pescaito pour aider la population à faire passer un projet d'une usine de traitement des eaux" nous conte un vieux chauffeur de taxi à l'œil brillant quand il parle de son idole. Valderrama n'était pas seulement un footballeur de grand talent mais aussi quelqu'un de généreux, très apprécié par ses compatriotes et respecté. Comme le serait Simon Bolivar.

La statue devant le stade de ses débuts à Santa Marta. (Photo : FI)
La statue devant le stade de ses débuts à Santa Marta. (Photo : FI)
"Il ne trichait jamais et mettait toujours son équipe en avant"
Carlos Valderrama, né en 1961, jouait en numéro 10. Capitaine, meneur de jeu et d'hommes, passeur décisif et buteur avec parcimonie, le colombien préférait se fondre dans le collectif plutôt que de tirer la couverture sur lui. Humilité est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des fans colombiens. Une jeune journaliste colombienne a le sourire de l'honnêteté quand elle en parle : "Carlos c'est un exemple pour nous tous colombiens. Il a l'esprit d'ouverture. Un homme bien qui partage son temps avec ceux qui sont dans le besoin. Et, bien sûr, il nous a tous fait rêver. Il avait ce génie pour faire tourner une rencontre en la faveur de son équipe. Nous avions besoin de ce genre d'héros pour garder espoir. Pendant ces années, les temps étaient durs avec les problèmes de guérilla, de drogue et de pauvreté".

William, fan de football, à qui nous avons demandé si c'était le meilleur, en rajoute une couche : "Le meilleur ? Il y avait Freddy Rincòn qui jouait à la même époque que lui et était plus fort, mais "El Pibe" est unique. Il ne trichait jamais et mettait toujours son équipe en avant".


La Paillade.
La Paillade.
"En Colombie, il était plus facile d'acheter son permis que de l'obtenir par la voie légale"

"El Pibe" a parcouru trois continents durant sa carrière. Ses débuts professionnels, il les a faits dans son pays natal pour le club de Santa Marta. Il a joué sous les couleurs de trois clubs colombiens dont le Deportivo Cali. C'est grâce à ses performances dans ce club et en équipe nationale qu'il est repéré en 1988 par le président emblématique de Montpellier : Louis Nicollin. Carlos a été le premier colombien à intégrer la ligue 1. Ses années françaises n’ont pas été ses meilleures, marqué par une victoire en coupe de France en 1990. Il n'a pas vraiment su s'adapter au jeu bien plus physique et rapide de la ligue 1, sa Colombie natale privilégiant les passes courtes.

Une anecdote racontée par Frédérique Trackoen, attachée de presse du club français à cette époque, montre sa difficulté d’adaptation "Carlos et sa femme voulaient être indépendants. Ils voulaient conduire leur propre voiture, mais le problème c’est qu’en Colombie, il est plus facile d’acheter son permis que de le réussir par la voie légale. Le couple a pris des cours d’auto-école, mais ils venaient chacun leur tour aux cours, en pensant qu’ils pourraient avoir un permis pour les deux". La Colombie du siècle passé, un autre monde.

Photo : taringa.net
Photo : taringa.net

"La tocaba de Valderrama"

Après son passage français, il a joué une saison dans le championnat d'Espagne au Real Valladolid afin de rejoindre l’entraîneur de son équipe nationale et plusieurs de ses compatriotes. Son seul vrai fait d'arme durant cette saison a été une anecdote durant un match contre le Real Madrid où son adversaire direct lui "tâtait" les parties génitales. Ce qui a valu à ce geste le surnom de "la tocaba de Valderrama". De 1993 à 1995, il est revenu dans son pays. Ensuite, il est parti finir sa carrière aux États-Unis, où il jouera jusqu’en 2002. En 1996 il a été désigné joueur de l'année du championnat de Major League Soccer. Carlos Valderrama a aussi été élu deux fois "joueur Sud-Américain de l'année" et fait partie du Top 100 des meilleurs joueurs de l'histoire selon le classement très officiel de la FIFA

James Rodriguez, le futur "Pibe"? (photo taringa.net)
James Rodriguez, le futur "Pibe"? (photo taringa.net)
"C'est de sa faute s'il y a autant de Colombiens qui veulent jouer en 10"

Carlos Valderrama a fait et fait toujours autant rêver. Tous les Colombiens s'imaginent devenir le nouveau « Pibe ». Un successeur ? La Colombie actuelle peut s’appuyer sur une pléthore de nouveaux talents; Falcao, Freddy Guarin ou Luis Muriel. Pourtant, c’est James Rodriguez qui est désigné le plus souvent comme le nouveau « Pibe ». Un surnom difficile à porter pour le jeune joueur : « J’ai toujours rêvé de porter le n°10 de la sélection colombienne. Aujourd’hui cela s’est réalisé » conte le joueur pas peu fier d’y être parvenu. Il n’oublie pas de rendre hommage à son prédécesseur « Il était fort, très fort, j’ai toujours été admiratif. C’est de sa faute s’il y autant de colombiens qui veulent jouer avec le numéro 10 ».

Même Carlos, en personne, a eu des mots pour lui : « James est devenu le meneur de jeu de la séléction d’aujourd’hui. Il est très bon à ce poste. Il faut lui donner de la motivation et du soutien, car c’est un joueur en or pour la Colombie ». Des mots qui ne peuvent qu’encourager la nouvelle recrue de l’ambitieux AS Monaco à se donner à fond, pour essayer de remplacer dans le cœur des fans l’immuable, le seul et l’unique « Pibe ».

En 1993.
En 1993.
"Un goal peut sauver un joueur, mais une passe de but peut sauver une équipe"
"Los Cafeteros" (signifie fabricants de café), surnom donné à l'équipe nationale colombienne, peut remercier son capitaine emblématique qui a porté à 111 reprises le maillot national (record) depuis 1985. La Colombie durant la période du capitanat de Carlos s’est qualifiée à trois coupes du monde. Celle en Allemagne, aux Etats-Unis et en France. En 1990, elle s’était permis le luxe de faire match nul (1-1, passe de Valderrama) contre l’équipe hôte en phase de poule avant de se faire éliminer par le Cameroun en huitièmes de finale. En 1994, malgré une victoire contre la Suisse, la sélection, qui faisait pourtant partie des favoris, s’est faite éliminée dès le premier tour. Rebelote quatre ans plus tard avec deux défaites et une victoire contre la Tunisie.

« El Pibe » a participé à ses trois coupes du monde en tant que capitaine. Il a beaucoup apporté à sa sélection, parlant de l'âge d'or de la Colombie. Sa vision du jeu, sa vista et sa capacité à distiller des passes parfaites pour mettre en valeur ses coéquipiers étaient très précieuses à sa sélection. Francisco Maturana, ancien sélectionneur de la Colombie, a déclaré un jour « Carlos nous a enseigné cette vérité sur le football : un goal peut sauver un joueur, mais une passe de but peut sauver une équipe ». Un bel hommage qui résume bien les qualités de ce joueur d’exception.

Carlos Valderrama en chiffres

  • Naissance : 2 septembre 1961
  • Sélection nationale : 111 parties, un record (11 buts)
  • Première séléction : 1985 (défaite 3-0 contre le Paraguay)
  • Palmarès : 1 coupe de France (Montpellier), 2 championnats de Colombie (Athlético Junior)
  • Récompenses : Meilleur joueur sud-américain (1987 et 1993), nommé au FIFA 100, meilleur joueur de MLS  (1996)
  • Début professionnel : 1981 (Union Magdalena)
  • Retraite : 2004 (Colorado Rapids)
  • Anecdote : Porteur de la flamme Olympique en 2012 pour les jeux de Londres
  • Reconversion : Propriétaire d'une entreprise de construction
Des adolescents qui jouent sur une plage de Santa Marta et qui, secrètement, rêvent de marcher sur traces de Valderrama. (Photo : FI)
Des adolescents qui jouent sur une plage de Santa Marta et qui, secrètement, rêvent de marcher sur traces de Valderrama. (Photo : FI)

De Colombie,


     

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