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Sociofoot
Dimanche 27 Janvier 2013

Tu peux toujours courir


La semaine dernière, le géant Armstrong se rapetissait devant Oprah Winfrey et le monde entier, avouant que ses années d'or n'étaient en fait qu'un cocktail secoué à la testostérone et aux transfusions sanguines. Si nous nous penchons sur les athlètes concernés, la discipline la plus représentée est sans doute le cyclisme. Préjugés et stéréotypes n'enjolivent pas l'image du vélo, au contraire, le dopage lui colle aux rayons. Et le football dans tout ça ? Même s'il paraît plus discret dans les autres disciplines, son omniprésence est inéluctable.


Petit rappel historique et scientifique. Le dopage, c'est une vieille histoire. Le premier cas a été découvert en 1865 lors d'un concours de natation à Amsterdam. Les athlètes avaient bu du vin aromatisé aux feuilles de coca, ce qui leurs avaient donné les effets "bénéfiques" de la cocaïne cité ci-après.

Concrètement, Le dopage consiste à ingérer des substances ou user de méthodes scientifico-médicales pour augmenter les capacités physiques ou mentales. Plusieurs produits sont utilisés avec des effets qui leurs sont propres, comme les stéroïdes qui augmentent la masse musculaire, les hormones de croissances qui, elles, sont généralement prisent depuis la préparation du jeune sportif afin que sa morphologie soit modifiée (vous avez-dit Lionel Messi ?), les amphétamines diminuant fortement la faim, la fatigue physique et les fonctions cognitives ou encore l'érythropotéïne (EPO) qui augmente le taux de globule rouge dans le sang afin que l'oxygénation des muscles se fasse plus rapidement.

De plus, certaines drogues comme la cocaïne sont aussi considérées comme produit dopant. Cette dernière a pour effet, par exemple, de diminuer la fatigue et la faim ainsi que d'augmenter la résistance à l'effort (endurance), ou encore d'améliorer les réflexes.

C'est arrivé près de chez vous. Dès qu'une affaire de dopage éclate au grand jour, plus rien ne devient choquant. Si c'est le cyclisme qui est touché, la première réaction est de banaliser l'information. L'affaire Festina, en 1998, qui a mis sur la sellette Richard Virenque, Laurent Dufaux et bien d'autres nous montre que le sport suisse est lui aussi touché. Pascal Mancini, jeune fribourgeois, sprinter de l'équipe suisse, a lui aussi été accusé et sanctionné pour avoir "reçu" de la nandrolone.

Et le grand Lance Armstrong, alors ? Lors du fameux passage aux aveux, le vainqueur de 7 tours de France a distillé une brochette classique d'excuses utilisées et réutilisées par les accusés du genre : " Le médecin m'a injecté un produit que je ne connaissais pas...", "Les autres ont acceptés, alors j'ai suivis", "La pression du président m'a vite dit quel choix prendre, accepter le produit ou trouver un autre club." Ces expressions sont inscrites dans toutes les interviews de dopés cherchant à se justifier. Les sportifs se laisseraient donc avoir par le "bla bla" des dirigeants qui leurs promettent monts et merveilles.

http://photo.parismatch.com
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Et sur les terrains verts alors? En novembre 2012, le président de la FIFA Joseph Blatter ainsi que son acolyte de l'UEFA Michel Platini ont donné plusieurs interviews au sujet du dopage en vu du mondial 2014. Leur discours est manichéen : il n'y a aucun cas de dopage dans les clubs de football. Et si certains cas isolés peuvent exister, ce ne peut qu'être que la faute des médecins. Pour citer Blatter : "Aucun produit n'est capable de faire d'un mauvais joueur un bon et d'un bon un grand joueur."

Premièrement, ces propos ne sont sportivement pas valables. Si les capacités physiques comme l'endurance, la réactivité ou la vitesse ne sont pas capables de faire un grand joueur, alors c'est tout le mythe de Cristiano Ronaldo qui s'effondre. Deuxièmement, nous pouvons décemment douter de la sureté de l'information. En effet, la FIFA n'aurait effectué aucun contrôle sanguin lors de la Coupe du monde 2006.

Et pourquoi ? La FIFA a répondu par l'intermédiaire de son médecin chef pour qui de tels examens seraient une perte de temps, d'argent et d'énergie par rapport à la faible probabilité d'éventuelles pratiques dopantes. De plus, ce dernier s'est également justifié en mettant en avant que le dopage touchait l'individualité et que le football était un sport collectif. Prenez le onze titulaire du Barça. Remplacez-le par onze joueurs d'une division amateur. Selon la FIFA, vous serez toujours champion d'Europe.

http://footafrica365.preprod.media365.fr
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Quelques chiffres. Plusieurs études prouvent le trafic de produits dopants dans l'histoire du sport de Pelé. Notamment celle d'un ancien footballeur professionnel italien, Gerardo Ottani. En 1958, son travail était destiné à mettre en avant les pratiques dopantes au sein de la première division italienne, et les résultats sont bluffant : 27% des joueurs usaient d'amphétamines, 62% d'entre eux prenaient des stimulants cardiaques et respiratoires alors que 68% de ces derniers étaient positifs aux stéroïdes anabolisants.

A cette époque, les entrainements se faisaient pourtant désirés (2 par semaine). L'argent et donc l'enjeu n'étaient pas aussi présents qu'aujourd'hui. Pourtant, on cherchait déjà à améliorer de manière biologique les performances.
 
En 1976, Un médecin du club hollandais AZ'67 affirma au magazine L'Equipe que le dopage était ultra-répandu dans les vestiaires des clubs de son pays. Un peu plus tard, le médecin du club de l'Ajax d'Amsterdam a présenté les mêmes informations. Récemment, les résultats d'une enquête de plus de 16 ans faîtes auprès de 1'000 joueurs professionnels néerlandais a démontré que 1 footballeur sur 11 utilise des stimulants.
 
En 2009, l'Agence française de Lutte contre le Dopage (AFLD) a rendu public les résultats de son étude qui consistait à effectuer des analyses sur 138 sportifs professionnels de quatre disciplines (Rugby, football, cyclisme et athlétisme). Les résultats sont parlants : 16,5% des échantillons ont montré une présence de stéroides anabolisants. Cette enquête a également démontré que le sport le plus touché par le dopage de ces quatre disciplines est le football, avec 22% des cas contrôlés. Cette étude n'avait pas pour but de dénoncer les athlètes positifs mais de mettre en avant un phénomène apparemment pas étranger au ballon rond.
 
Pour finir, d'après Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport français très actif dans lutte contre le dopage, dans les vestiaires d'un stade de football, il y a un contrôle anti-dopage contre 2000 dans les caravanes d'une compétition de cyclisme. Inquiétant.

http://s2.thingpic.com/
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Avec toutes ces informations, nous pouvons voir que le dopage nous dépasse totalement. De nos jours, être reconnu en tant que sportif de haut niveau demande des années de sacrifices consacrés à un seul but : "performer". Une fois le sportif arrivé au statut qu'il convoitait, la concurrence se fait ressentir. Il faut donc trouver d'autres moyens pour rester le meilleur.

De plus, n'oublions pas la pression hors norme qui pèse sur les épaules des athlètes. Plus vite, plus grand, plus fort, une philosophie de la puissance et du résultat qui fini par embrouiller tout le monde, sportifs y compris. La réponse des instances dirigeantes à ceux qui tentent de suivre le rythme sonne de manière sardonique : tu peux toujours courir.

Elsa Dessibourg

     

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