FOOTBALL INTéGRAL - Le football avec du coeur
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Les couleurs du Brésil
Jeudi 19 Juin 2014

Espagne, mon amour


On peut enfin dire que la Monarchie est tombée. On peut souhaiter au peuple dominant, si habile à l'exercice, de fêter pour oublier. On peut se réjouir du départ des Ramos, Iniesta, Piqué, Torres. On peut exulter à la vue de cet avion hispano-brésilien explosé en plein décollage. Mais le monde ne doit jamais oublier que cette génération fraîchement déchue fut le vainqueur le plus romantique de l'histoire du football.


Ces dernières années, la balle n'a jamais parue aussi belle que dans les pieds espagnols.
Ces dernières années, la balle n'a jamais parue aussi belle que dans les pieds espagnols.
En rouge: l'Espagne. Un rouge puissant, un rouge palpitant, un rouge sang. Jamais le football ne s'est aussi, anatomiquement, rapproché du cœur qu'avec l'"Espagne de 6 ans" (2008, 2010 et 2012). La couronne s'écrase, mais les faits restent. Par Aragones puis par Del Bosque, mais surtout par philosophie, la Roja a fait du jeu une véritable morphologie. L'Espagne, c'était la vascularisation du football, alimentée sans relâche par une passion amoureuse du ballon (le cœur et ses valves), dont les ramifications (les coronaires), furent une ode à la multiplicité, la précision et au génie (les veines). Entre la mécanique et l'amour, la Monarchie espagnole du football contemporain n'avait, en terme de puissance, rien à envier à celle de l'Empire des Habsbourg du XVIème siècle.

Un football extrémiste. L'histoire nous le prouve; pour dominer, il faut conquérir. Et pour conquérir, il faut gérer. Du moins, se gérer. Et l'Espagne devait plus à l'installation disciplinaire de ses paramètres technico-tactiques travaillés, retravaillés et reretravaillés, qu'à son talent intrinsèque. On pourrait dire que les outils étaient là (merci Cruyff, Guardiola), et que les exécutants n'ont jamais été aussi performants. Néanmoins, il est évident que le football qui a été présenté par les Ibères a été un football radical. Combien de passes ? De pourcentage de possession ? De buts inscrits sur des micro-déplacements ? De récupérations de balle dues à un pressing étouffant ?

En outre, là au milieu, il serait malvenu de négliger la valeur de l'individu, symbolisée par ces généraux si généreux (Xavi, Iniesta, Busquets, Puyol, Ramos, Xabi Alonso...). Mais ce fameux tiki-taka, une onomatopée devenue une stratégie avérée et officielle, avait bien une facette crânement manichéenne, tant il était aimé, et tant il était détesté. En Allemagne, d'ailleurs, on reproche acerbement au Roi Pep son intention de vouloir imposer sa politique à une culture qui ne lui serait pas compatible. Mais, après avoir emmené son égide au sommet du monde, n'est-ce pas normal d'avoir quelques velléités coloniales ?

Un territoire et un héritage. Indéniablement, l'exploitation du sol local demeure un élément clé dans la conquête internationale. Qu'aurait-été le blason monarchique sans les bras intrépides des clubs qui le portaient ? Barcelone, Real Madrid, Atletico... Il faut dire que le climat de la péninsule ibérique est méditerranéen, très méditerranéen. De grosses chaleurs, et peu d'humidité. La saison précédente, un grand cru pour le football national espagnol, s'est avérée éreintante tant la folie a durée. Et puis, l'Espagne a-t-elle suffisamment fait pour se régénérer ? Hier, à part Azpilicueta, qui pouvait se targuer de ne pas être Souverain, mais bien de la descendance royale (En 2013, l'Espagne est championne d'Europe M21) ?

Xavi toujours, et pour longtemps encore.
Xavi toujours, et pour longtemps encore.
Une mort pleine de sens. Hier soir, la bataille de Maracanã n'a même pas eu lieu. Dans les rangs espagnols, on sentait le savoir-faire, l'expérience. Mais aussi la fatigue. Une fatigue qui ne s'évapore pas par massages, par divertissement psychologique ou par détoxination. Un harassement encré dans les têtes, collé aux muscles. La moindre des choses, pour une bande de joueurs qui furent au football ce que Picasso fut à l'art. On exagère ? A peine. Alors, merci, Espagne et tes Petits, d'avoir su imposer ton rythme à un Royaume qui ne jure plus que par les Grands et les Puissants. Merci, Espagne, d'avoir été un si un beau vainqueur d'actes, et pas de paroles. Et si mort il y a, le philosophe espagnol Americo Castro la modère si bien; "l'histoire doit maintenir vivante la vie".

Robin Fasel

     

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